A Saint-Lô (Manche), la fabrication de cartes électroniques pour certains produits du groupe Seb va augmenter de 30% d'ici 2024, passant de 5 à 7 millions par an. Le fabricant d’électroménager (39 usines dont 11 en France, 33 000 salariés, 7,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022) compte sur ce site pour davantage sécuriser ses approvisionnements. L'usine avait intégré Seb en 2001 lors de la reprise de Moulinex. Elle produisait alors des moteurs électriques et est devenue le "Centre de développement électronique" du groupe.
«Nous avons décidé de relocaliser une petite partie du volume de cartes produites à l'étranger. Cela améliore notre réactivité. Il est aussi question de souveraineté technologique. Nous ne voulons plus revivre les pénuries vécues dernièrement», indique Alain Leroy, le directeur général Industrie du groupe Seb. Toutes les cartes conçues et fabriquées à Saint-Lô sont destinées à des produits des marques du groupe Seb assemblés en France, notamment sur le site de Mayenne. De 10% à 15% du besoin mondial en cartes électroniques pour le groupe sera relocalisé sur place, en provenance de fournisseurs européens et asiatiques.
«Cela nous donne une grande flexibilité en cas de défaillance d’un fournisseur», se réjouit Alain Leroy, qui rappelle toutefois que les coûts de production sont plus élevés qu’en Asie. La politique industrielle de Seb consiste à produire les produits considérés comme innovants, aux prix de vente plus élevés, en Europe, et de faire fabriquer en Asie les produits plus courants (bouilloires, grille-pain..) vendus à moins de 50 euros.
Des cartes pour les machines professionnelles
En plus de cette part de produits relocalisés, l'usine de Saint-Lô va accueillir une nouvelle ligne de production. Des cartes électroniques destinées aux machines à café professionnelles WMF y seront assemblées. «La taille des cartes change, avec des machines professionnelles deux à trois fois plus grandes que pour les produits destinés aux particuliers. La ligne est adaptée à des cartes électroniques plus grandes, mais elle pourra être polyvalente», explique Alain Leroy. La nouvelle ligne, d’une cadence de 60 000 composants par heure, a nécessité un investissement d'1,2 million d’euros, dont 25% subventionnés par la région Normandie.
Jusqu’alors, le site était spécialisé sur la production de cartes électroniques pour certains produits destinés aux particuliers (robots Companion et machines à café full-auto fabriqués sur le site de Mayenne). En 2023, une dizaine de postes supplémentaires, d’abord intérimaires, sont prévus pour les besoins de cette nouvelle ligne. Signe de l’importance accordée par Seb au marché professionnel, le groupe a annoncé fin février l’acquisition de l’entreprise italienne La San Marco.



