A l’occasion du sommet mondial du lait, la coopérative Agrial et l'industriel Savencia ont annoncé avoir noué un partenariat le 17 octobre. L’objet ? La décarbonation de la production laitière. Agrial compte 3800 coopérateurs, parmi lesquels 1300 livrent leur lait à Savencia, le géant connu notamment pour le Caprice des dieux ou le Saint Moret : le partenariat concerne ces derniers. Première étape, ces producteurs devront avoir réalisé un bilan carbone (en suivant la méthode Cap’2ER niveau 1) et s'être engagé dans la démarche d’ici à 2026.
Savencia investira autour de 4 millions d'euros par an
Agrial, qui se targue d’être la première coopérative française certifiée par le SBTi, le label phare de la décarbonation des corpos, espère réduire de 35% l’empreinte carbone de l’ensemble de ses activités d’ici à 2035. Outre son activité laitière, la coopérative est connue pour des marques comme Florette ou Breizh Cola. De son côté Savencia indique vouloir réduire de 22,5% l’intensité carbone de son scope 3, qui comprend donc son approvisionnement en lait, d’ici la fin de la décennie. Ce partenariat pose une première brique. Savencia pourrait y investir autour de 4 millions d’euros par an.
En effet, en fonction des pratiques déployées, les producteurs pourront toucher jusqu’à 4,5 euros par tonne de lait livrée, soit une prime de l’ordre de 1% du prix actuellement payé. Le producteur moyen peut donc espérer récolter jusqu’à 3500€ par an, ce qui semble bien faible au regard des pratiques à déployer – sachant qu'un tiers de la somme est dédié à la seule réalisation des bilans carbone des exploitations.
«Chaque levier allie efficience économique et carbone», rassure Pascal Le Brun, producteur de lait et vice-président d’Agrial, qui souligne toutefois qu’il faudra «aller chercher de la hausse tarifaire pour aller plus loin». Reste à savoir ce qu’il adviendra des producteurs qui ne sautent pas le pas.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
"Etre bas carbone va devenir un prérequis"
«Ces 4,5 euros la tonne, nous devons l’intégrer dans les négociations avec tous nos clients, souligne Sophie Godet-Morisseau, directrice des ressources laitières chez Savencia. La transition est coûteuse, cette somme correspond à la part que nous prenons dans la chaine de valeur. Ce projet permet de répondre aux demandes de nos clients, alors qu’être bas-carbone va devenir un prérequis aux négociations commerciales demain, avec des acteurs comme Carrefour ou Nestlé qui nous attendent sur le sujet.»
Le projet et le niveau de prime sont très proches de ce qu’avait annoncé Sodiaal, première coopérative laitière française, il y a quelques mois. La barre est donc moins haute que ce que peuvent faire les bons élèves en la matière, comme Bel ou encore Danone. Le premier cité a par exemple mis en place une prime de 10 euros la tonne pour la seule intégration d’un additif, le Bovaer, dans la ration des vaches afin de réduire les émissions de méthanes de leurs rots.
En juin dernier, Antoine de Saint-Affrique indiquait que Danone a investi 28 millions d’euros depuis 2018 pour réduire l’impact carbone de son amont agricole en France, ses 1300 producteurs de lait en premier lieu – une enveloppe toutefois moindre à celle initialement prévue sous Emmanuel Faber. A l’inverse, un acteur comme Lactalis n’est toujours pas sorti du bois sur le sujet. Il devrait le faire en cette fin d’année.



