Sans vendre ses parts, TotalEnergies se désengage du groupe gazier russe Novatek

La multinationale pétrolière TotalEnergies a annoncé le 9 décembre que ses administrateurs au sein de la société gazière russe Novatek ne siègeraient plus au conseil d’administration. De fait, cette décision rompt les liens qui unissent ces deux entreprises, assure le géant énergétique français.

Réservé aux abonnés
Yamal GNL  chantier réservoirs
TotalEnergies n'a pas vendu ses 20% de participation dans l'usine de liquéfaction de gaz naturel Yamal LNG.

Un saut de géant ? Malgré sa politique des petits pas adoptée concernant son retrait de Russie, TotalEnergies franchit un cap ce vendredi 9 décembre. Dernière major du pétrole encore active dans le pays de Vladimir Poutine, la multinationale française va retirer ses administrateurs de la société Novatek. «Compte tenu des sanctions européennes en vigueur depuis le début du conflit [en Ukraine, ndlr], les deux administrateurs représentant TotalEnergies au sein du conseil d’administration de Novatek sont conduits à s’abstenir lors des séances du conseil d’administration de cette société, notamment sur les questions financières. Ils ne sont donc plus en mesure d’assurer pleinement leur mission au sein de ce conseil, ce qui pourrait poser des problèmes de gouvernance à cette société», assure TotalEnergies dans un communiqué.

Des problèmes de gouvernance. Mais pas que. Cette décision n’est pas anodine et va avoir des ramifications jusque dans les comptes de la multinationale dirigée par Patrick Pouyanné. TotalEnergies prévoit en effet de déconsolider de ses comptes sa participation dans Novatek (19,4%), pour une dépréciation estimée à 3,7 milliards de dollars au 4ème trimestre 2022. La raison ? Parce que ses administrateurs ne siègent plus au sein du conseil d’administration de Novatek, «les critères d’influence notable [ne sont] plus remplis au sens de la réglementation comptable» suivie par TotalEnergies. Une perte sèche pour l'entreprise, donc.

Un retrait de Russie à reculons

Cela faisait plusieurs semaines que TotalEnergies se trouvait dans une position délicate vis-à-vis du premier producteur gazier russe, via lequel il détenait une partie de ses parts dans Yamal LNG (TotalEnergies en détient encore à titre personnel 20%) et Arctic 2 LNG, de pharaoniques projets de production et d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). En raison des sanctions visant le fondateur de Novatek, l'oligarque Guennadi Timtchenko, proche du pouvoir russe, TotalEnergies n’était pas en mesure de céder ses parts dans l'entreprise.

Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, TotalEnergies s’est régulièrement retrouvé sous le feu des critiques. Alors que de nombreuses entreprises internationales n’ont pas tardé à liquider leurs activités sur le sol russe face aux agissements militaires de Vladimir Poutine, TotalEnergies n’a pas souhaité prendre la porte rapidement. Le 22 mars, TotalEnergies a adopté à reculons des «principes d’action» et «engagé son retrait progressif des actifs russes tout en veillant à poursuivre l’approvisionnement en GNL de l’Europe». Depuis cette date, outre l’annonce sur le fait de ne plus acheter de pétrole et de diesel russes d'ici à fin 2022, TotalEnergies a également renoncé au projet pétrolier Kharyaga et vendu ses parts dans Terneftegaz.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.