Sanofi récupère un actif au mécanisme inédit pour étoffer son pipeline en immunologie

Approfondissant son partenariat avec Formation Bio, Sanofi a signé un accord de licence avec la biotech américaine pour les droits du gusacitinib, un inhibiteur oral double JAK/SYK. Une voie d’action innovante qu’aimerait exploiter le laboratoire français pour renforcer encore son portefeuille d’immunologie.  

 

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Sanofi veut développer l'actif « dans une nouvelle indication n'ayant jamais été étudiée dans le cadre d'une étude de phase I. »

Sanofi continue de miser sur l’immuno-inflammation. Segment stratégique pour le laboratoire, dopé par la réussite de son blockbuster Dupixent (dupilumab), le groupe français renforce son pipeline R&D avec une molécule prometteuse... qui reste toutefois à évaluer.

Sanofi a ainsi conclu un accord de licence, pouvant atteindre 545 M€, avec Libertas Bio, filiale de Formation Bio, pour développer le gusacitinib, un inhibiteur double, ciblant JAK/SYK, une voie encore peu exploitée dans l’industrie pharmaceutique. Le laboratoire entend développer l’actif « dans une nouvelle indication n'ayant jamais été étudiée dans le cadre d'une étude de phase I. » 

Récupéré par Formation Bio via son acquisition du portefeuille d’Asana BioSciences en 2022, le gusacitinib fait déjà l’objet d’une phase III, menée par la biotech, dans le traitement de l’eczéma chronique des mains. 

Si les indications à venir ne sont pas précisées, le gusacitinib, une petite molécule à prendre par voie orale, pourrait se voir évaluer sur les aires thérapeutiques fétiches du laboratoire français, en dermatologie voire sur des maladies immuno-inflammatoires de l’intestin, à l’image des développements en cours sur les inhibiteurs JAK.  

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Un mode d’action prometteur  

Au cours des dernières années et grâce à leurs propriétés de régulation de la réaction immunitaire innée et adaptative, les inhibiteurs JAK simples ont ouvert de nouvelles pistes de traitements pour de nombreuses maladies inflammatoires. 

Plusieurs grands laboratoires ont ainsi développé ces petites molécules, à l’instar du Xeljanz (tofacitinib) de Pfizer, autorisé depuis 2017 en Europe contre la polyarthrite rhumatoïde ou la rectolite hémorragique notamment. Le laboratoire américain avait poussé sur ce mécanisme d’action avec un autre médicament, le Cibinqo (abrocitinib), indiqué depuis 2022 dans le traitement de la dermatite atopique. 

Toutefois, si les inhibiteurs JAK ont déjà fait l’objet de mises sur le marché, les inhibiteurs double JAK/SYK n’ont, quant à eux, encore jamais atteint le stade de la commercialisation. En ciblant deux voies de signalisation de la réponse inflammatoire, le gusacitinib permet à Sanofi d’ajouter une nouvelle approche de traitement à son pipeline dédié aux maladies immuno-inflammatoires, et pourrait donner au laboratoire français un avantage stratégique face à ses concurrents. 

Sanofi, un partenaire important de Formation Bio  

Cet accord est un nouveau pas dans la collaboration qu’entretiennent déjà Sanofi et Formation Bio. Alors qu’il semble croire au modèle stratégique de la biotech, qui consiste à « acquérir des actifs à fort potentiel, à agir rapidement pour créer de la valeur et à nouer des partenariats aux moments clés » selon son p-dg, Benjamine Liu, Sanofi n’a pas hésité à investir dans Formation Bio.

En juin 2024, le laboratoire français figurait ainsi parmi les investisseurs du tour de série D entrepris par la biotech pour élargir son portefeuille clinique. Une levée de fonds qui avait abouti à la coquette somme de 372 M$. Reste désormais à savoir si ce nouveau partenariat avec Formation Bio portera ses fruits et si le gusacitinib révèlera un potentiel important lors des futurs essais cliniques prévus par Sanofi.  

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