L’activité de Sanofi de production d’ingrédients actifs pharmaceutiques (API) pour le compte de laboratoires tiers évoluera sous le nom d’Euroapi. A partir de 2022, cet ensemble de 3 200 salariés et de six usines en Europe se développera de manière séparée du laboratoire français.
Sanofi compte limiter sa participation à 30% du capital, après une introduction sur le marché Euronext Paris, envisagée pour début 2022. Positionné dès son démarrage comme le leader européen des API et le numéro 2 mondial, Euroapi affichera un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1 milliard d’euros.
Dans la foulée de cette annonce, Sanofi a nommé Karl Rotthier futur directeur général d’Euroapi. Il prendra ses fonctions dès le 18 janvier. Agé de 53 ans, Karl Rotthier avait dirigé pendant 10 ans, jusqu’au début 2020, le groupe Centrient Pharmaceuticals, spécialiste néerlandais des API. Dans un communiqué, Sanofi précise que le futur directeur général a "mené à bien plusieurs opérations d’autonomisation d’activités".
Activité bridée chez Sanofi
Ce projet de Sanofi a été enclenché début 2020. Le groupe français va conserver son réseau de production d’API réservé à ses propres productions de médicaments mais se désengage du réseau productif d’API pour le compte de tiers. A l’époque, Philippe Luscan, vice-président exécutif des affaires industrielles de Sanofi indiquait à l’Usine Nouvelle que cette activité était "un peu bridée dans le giron de Sanofi" et que "certains laboratoires désireux de développer de nouveaux principes actifs ne veulent pas venir aujourd’hui chez nous, Sanofi, car nous représentons d’abord un concurrent".
Sanofi restera l’un des clients d’Euroapi, et mise sur un développement porté notamment par la tendance et la volonté européenne de relocalisation en Europe de principes actifs, les molécules actives qui soignent dans les médicaments. Objectif, mettre fin à notre trop grande dépendance depuis vingt ans de l’Asie. Philippe Luscan ambitionnait d’ailleurs dans une interview en novembre à l’Usine Nouvelle qu’Euroapi devienne "le véhicule de rapatriement de certaines productions pour d’autres laboratoires".
Socle français
Le socle français de la future entreprise sera fort. Outre l’implantation du siège social sur le territoire, Euroapi y dénombrera 1 200 salariés, soit près d’un tiers de ses effectifs, ainsi que deux usines de production chimique : Saint-Aubin les Elbeuf (Seine-Maritime) et Vertolaye (Puy-de-Dôme). Les autres usines sont implantées à Brindisi en Italie, Francfort en Allemagne, Haverhill au Royaume-Uni et Ujpest en Hongrie.
Ce futur leader des API bénéficiera d’un marché mondial en croissance d’environ 6% par an, selon Sanofi. Philippe Luscan assure en outre, dans un communiqué, qu’Euroapi sera exempt "de toute dette financière afin d’optimiser ses capacités d’investissement futures".



