C’est la fin d’une histoire industrielle de plus de 60 ans. Fabricant de skis depuis 1963, l’usine Dynastar de Sallanches (Haute-Savoie) va fermer ses portes. Son propriétaire, le groupe Rossignol, en a fait l’annonce le 8 avril, évoquant dans un communiqué «des coûts de production élevés liés à une hausse des prix de l’énergie et des matières premières, une productivité qui décroît et un bassin d’emploi concurrentiel».
Sans compter «un marché mature, en mutation et fortement concurrentiel et dans un contexte économique international très instable», explique l’entreprise de 600 collaborateurs, qui a annoncé, en mars 2025, la diversification de son modèle économique vers les sports de montagne, été comme hiver.
«Une claque pour le territoire»
La production des modèles haut de gamme et de compétition de l’usine sallancharde, la dernière en France produisant des skis en grande quantité, sera transférée à son siège mondial de Saint-Jean-de-Moirans (Isère), dans lequel 1,5 million d’euros sont investis. Le reste de l'activité étant réaffecté sur son site d’Artès, dans les Pyrénées espagnoles.
«C’est une claque pour le territoire», s'empourpre le député local Xavier Roseren (Horizons) qui évoque un site qui venait de renouer avec la rentabilité. Des propos démentis par Rossignol qui indique que ce dernier a subi des pertes industrielles cumulées de 2,1 millions d’euros de 2022 à 2024.
À son apogée, dans les années 1980, l’usine située au pied du Mont-Blanc comptait 800 employés et écoulait plus de 500000 paires de ski par an, contre 57 CDI et environ 120000 paires désormais. En 2021, déjà mal en point, le site avait toutefois reçu une aide de 1,2 million d’euros de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour relocaliser une partie de la production et fabriquer des skis éco-conçus et recyclables. Las. En novembre 2024, Rossignol annonçait l’arrêt de la fabrication des skis junior sur place. Préambule au couperet de ce mois d’avril 2025.



