Les périodes Covid et post-Covid ont fait du mal à la carrosserie industrielle Aubineau. Installée depuis 1959 à La Petite-Boissière dans le nord Deux-Sèvres, la PME familiale spécialisée dans la fabrication de semi-remorques ainsi que de porteurs réfrigérés, a été placée en 2021 en procédure de sauvegarde avant d’en sortir l’année suivante grâce à un étalement de la dette. «L’entreprise subissait alors de plein fouet l’augmentation du prix des matières premières et devait faire face à un besoin d’investissement dans ses outils de production», explique Pascal Landet, le directeur général de la société qui a remplacé à ce poste, il y a un peu plus d’un an, Hervé Aubineau, l’un des deux fils du fondateur.
Deux ans après, le carrossier industriel remonte la pente et affiche cette année un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros – alors qu’il était de 24 millions en 2018 avant de tomber à 19,4 millions en 2020 – pour une production annuelle de l’ordre de 450 véhicules.
Un plan de modernisation à venir
Ce regain de santé ne l’a pas empêché d’accepter l’offre de rachat proposée par le groupe Reefer (le montant de la transaction n’a pas été divulgué), via sa filiale Reefer Group France. «La reprise a été officialisée le 31 juillet, mais les négociations avec le leader européen de la carrosserie sous température dirigée avaient démarré il y a un an», souligne Pascal Landet. Loin de signifier la fin du site deux-sévrien, ce rachat devrait au contraire le conforter. D’ailleurs, la famille Aubineau ne disparaît pas complètement de l'entreprise puisqu’Éric, second fils du fondateur, reste à son poste de directeur commercial.
Dans un communiqué, le groupe explique vouloir désormais «renforcer sa position sur le marché européen et diversifier son offre de produits et de services vers des véhicules de plus petit tonnage». «Nous disposons d’un savoir-faire que Reefer ne possède pas, notamment sur la fabrication de porteurs pour animaux vivants, assure Pascal Landet. En effet, nous maîtrisons toute la chaîne y compris les installations thermiques et la gestion du CO2 et du flux de l’air.»
En plus de conserver les 120 salariés du site de la Petite-Boissière ainsi que la marque, The Reefer Group (1500 salariés en France et en Espagne) devrait investir dans la modernisation de l’usine afin de développer la fabrication de ces porteurs au détriment des semis dont la construction sera sans doute orientée vers d’autres usines du groupe. «Dès le début du mois de septembre, nous allons faire un état des lieux des besoins avec les nouveaux propriétaires», se réjouit Pascal Landet.



