Renault acte la fin de la production de moteurs de F1 dans l’usine Alpine de Viry-Châtillon

Renault ne fabriquera plus de moteur de F1 dans son usine de Viry-Châtillon (Essonne). Il créé à la place Hypertech Alpine, un centre d’excellence technologique.

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Le site de Viry-Châtillon développait et construisait les moteurs de F1 de l'écurie Alpine (ou Renault) depuis près de 50 ans.

Le groupe Renault a décidé d’abandonner la conception, le développement et la fabrication des moteurs F1 de l’écurie Alpine Racing actuellement réalisés dans son usine de Viry-Châtillon (Essonne) pour les confier à un motoriste extérieur. La décision du constructeur avait été annoncée lors d’un CSE extraordinaire le 23 juillet. Elle a été officiellement confirmée aux personnels du site essonnien, lundi 30 septembre, lors d’une autre réunion du CSE.

Pour maintenir l’activité du site et des 350 cades et ingénieurs qui y travaillent, le constructeur automobile annonce dans le même temps la création d'un centre d’excellence, baptisé Hypertech Alpine, qui réunira une ingénierie aux connaissances techniques de pointe et une expertise de l’automobile haute performance, au service d’Alpine et de Renault Group.

Maintien de l’ancrage sportif

«Cette transformation du site passera par la réallocation des ressources et compétences travaillant actuellement sur le moteur F1. Chaque salarié concerné par le projet se verra proposer un poste au sein d’Hypertech Alpine de Viry-Châtillon», précise Alpine dans un communiqué.

Hypertech débutera ses activités dès la fin de l'année 2024. Il travaillera sur les projets d’avenir du groupe comme la R&D sur les cellules et nouvelles chimies de batterie – notamment les batteries solides –, la future Supercar Alpine ou encore la recherche sur de nouvelles technologies de moteur électrique.

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Après une cinquantaine d’années consacrées au développement de moteurs pour la catégorie reine de la course automobile, c’est une page qui se tourne pour le site de Viry-Châtillon. Ce dernier conservera toutefois un ancrage dans le sport automobile avec la poursuite des programmes tels que le WEC (Word Endurance Championship) ou le Rally Dakar (ex Paris-Dakar). La mise en place d’une cellule de veille F1 est également prévue afin «de maitriser les évolutions techniques dans ce milieu», est-il détaillé dans le communiqué.

La CGT – qui a vainement tenté de faire capoter ce projet de transformation et formulé des contre-propositions pour maintenir le statu quo – a décidé de faire valoir ses revendications lors d’une manifestation le 17 octobre lors du Mondial de l’automobile de Paris. 

"Risque de fuite des compétences"

Dans un communiqué publié le 1er octobre, les CSE d'Alpine fait part de sa déception. "L'arrêt de la motorisation F1, le manque de maturité des projets apportés et la perte de confiance dans la direction font peser un risque majeur de départ des compétences critiques du site de Viry", alerte-t-il.  Il craint les conséquences sociales à court terme. "Le site de Viry-Châtillon passera au 1er janvier de 500 à 334 emplois, avec la fin des contrats de nombreux prestataires". Des sous-traitants vont aussi être affectés par l'arrêt du projet F1.

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