Selon le pointage de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au 12 novembre, 48 vaccins contre le Covid-19 étaient à travers le monde en développement clinique, donc en phase d’essais sur l’homme, et 164 en évaluation pré-clinique. Sur les 48 vaccins en développement clinique, 11 sont actuellement dans la dernière ligne droite, la phase III, laquelle permet de jauger de l’efficacité du produit auprès de larges populations, après une évaluation de la sécurité et de l’efficacité à plus petite échelle dans les phases I et II.
Tour d'horizon des différents projets en lice... voire déjà partiellement autorisés.
Première vague avec Pfizer et Moderna
Le vaccin de Pfizer et de BioNTech a suscité bien des espoirs lundi 9 novembre avec l’annonce d’une efficacité de 90%. Ce résultat préliminaire ne portait que sur 94 patients, quand 44 000 participants devraient être inclus au total dans cet essai de phase III. Mercredi 18 novembre, les laboratoires ont annoncé, suite à l'analyse définitive des essais cliniques de phase 3, que leur candidat vaccin était efficace à 95%. Pfizer prévoit de demander une première demande d’autorisation à partir de fin novembre aux Etats-Unis, dans le cadre d’une procédure d’urgence. 50 millions de doses de ce vaccin pourraient être distribuées dans le monde avant la fin de l’année.
Le 16 novembre, un autre laboratoire américain, Moderna Therapeutics, a lui aussi publié un résultat très encourageant avec un taux d’efficacité de 94,5% pour son vaccin. Ce résultat ne porte aussi que sur un panel très restreint, de 95 cas, alors que la cohorte de participants à l’essai s’élève à 30 000 personnes. Moderna envisage aussi de demander une autorisation dans les prochaines semaines, et se dit en mesure de livrer 20 millions de doses avant la fin de l’année.
Cinq vaccins déjà partiellement autorisés, comme en Russie
Avec ces annonces, ces deux programmes paraissent comme les plus avancés au monde. Toutefois, certains projets disposent déjà d’un cran d’avance en bénéficiant d’autorisations limitées et anticipées. Le plus emblématique est le Sputnik V, vaccin développé par le Gamaleya Research Institute en Russie, qui a obtenu une autorisation conditionnelle dès août. Il a récemment été annoncé une efficacité de 92% mais sur un échantillon de seulement 20 participants. 40 000 doivent être inclus dans l’essai de phase III en Russie mais aussi en Biélorussie, aux Emirats Arabes Unis, au Venezuela et en Inde.
Autorisations partielles en Chine et aux Emirats Arabes Unis
Quatre vaccins chinois ont aussi déjà obtenu des autorisations limitées. Celui de CanSino Biologics, testé sur 40 000 participants en Chine, en Russie, au Pakistan, en Arabie Saoudite et au Mexique, a été approuvé dès le 25 juin en Chine pour pouvoir être utilisé par les forces militaires. Le vaccin Coronavac du groupe chinois Sinovac dispose aussi d’une autorisation limitée en Chine depuis juillet. Prévu pour être pleinement autorisé début 2021, il est testé aussi en Indonésie, en Turquie et au Brésil où un décès a été déploré mais sans que la mort ne soit directement liée au vaccin.
Les deux autres vaccins chinois les plus avancés, celui du Wuhan Institute of Biological Products et de Sinopharm, et celui du Beijing Institute of Biological Products, toujours avec Sinopharm, ont obtenu des autorisations limitées aux Emirats Arabes Unis. Le second, développé aussi en Argentine, est notamment autorisé pour les professionnels de santé aux Emirats.
Seconde vague début 2021
Les quatre derniers acteurs aux programmes les plus avancés ne communiquent pas tous clairement sur leurs ambitions de mises sur le marché mais visent plutôt le début 2021. L’industriel anglo-suédois AstraZeneca, avec l’Université d’Oxford et le Serum Institute of India, espère obtenir ses résultats d’ici fin décembre 2020, après une suspension d’un mois et demi suite à un cas inexpliqué de maladie développée dans le cadre d’un essai au Royaume-Uni. Un décès a également été signalé au Brésil fin octobre, mais n’a pas entraîné de suspension, le participant concerné aurait été sous placebo et décédé sans lien établi avec l’essai. Plus de 40 000 participants, dont 30 qui essaient une version d’injection par inhalation, testent le vaccin aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au Japon et au Brésil.
L’Américain Johnson & Johnson (J&J) et sa filiale Janssen ont avancé les plus vastes chiffres de participants. Un premier essai de phase III, avec une seule dose contrairement à la plupart des autres programmes portant sur deux doses, devrait inclure un total de 60 000 participants, avec une cohorte d’adolescents notamment. Après une suspension d’une dizaine de jours en octobre suite à un cas inexpliqué de maladie survenant sur un participant, l’étude se dédouble aujourd’hui. Un essai avec deux doses va être déployé sur 30 000 participants dans le monde, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Allemagne, en Colombie, en Belgique, au Royaume-Uni, en Espagne, aux Philippines ainsi qu’en France.
Enfin, l’américain Novavax finalise les recrutements de patients pour son essai de phase III aux Etats-Unis, au Mexique et au Royaume-Uni. Selon le dernier calendrier dévoilé, Novavax espère pouvoir présenter ses résultats au premier trimestre 2021. Ce qui est aussi l’échéance avancée par le laboratoire indien Bharat Biotech, dont le vaccin est développé avec l’institut indien de virologie, avec le démarrage imminente d’un essai de phase III.
Pas d’acteur français
Sanofi, le plus avancé des laboratoires français dans la course aux vaccins anti-Covid, se place un cran derrière l’ensemble de ces acteurs. Son programme développé avec le britannique GSK est actuellement en phase II, avec des résultats attendus début décembre. Ce qui pourrait conduire à un essai de phase III dans la foulée, tandis que la mise sur le marché est envisagée pour juin 2021. L’Institut Pasteur, qui collabore avec Themis Biosciences, l’université américaine de Pittsburg et Merck Sharp & Dohm, est de son côté toujours engagé dans une phase I pour un de ses trois projets de vaccins.



