C’est un sujet qui n’avait jusqu’à présent pas été évoqué au cours de la campagne présidentielle. A trois semaines du premier tour, le 21 mars, Yannick Jadot a publié un communiqué de presse affirmant son soutien aux associations et élus locaux qui militent contre le confinement définitif des 42 000 tonnes de déchets toxiques non radioactifs (amiante, arsenic, mercure...) encore présents à l’intérieur de Stocamine. Ce site de stockage de déchets dangereux non radioactifs, unique en France, est situé à Wittelsheim (Haut-Rhin) au cœur d’anciennes mines de potasses. Ouvert en 1999, il a été ravagé par un incendie en septembre 2002. Son activité n’a jamais repris et vingt ans plus tard, son sort n’est toujours pas scellé. De nombreux déchets restent encore enterrés 550 mètres sous terre. Le gouvernement milite depuis plusieurs années pour un confinement définitif et donc irréversible du site, tandis que les associations appellent au déstockage des déchets.
«Je m’engage, si je suis élu, à revenir sur l’ensemble des décisions et arrêtés pris ces derniers mois par le gouvernement et à garantir le déstockage maximal, ainsi que la réversibilité du stockage des déchets qui ne pourraient être retirés, dans des conditions strictement conformes au code de l’environnement», écrit donc Yannick Jadot, qui tente de mettre ce sujet à l’agenda politique. Ce faisant, le candidat écologiste s’empare d’un sujet épineux, qui embarrasse les autorités depuis plusieurs années. Un véritable chantier maudit, aux multiples rebondissements judiciaires.
Pas de solution miracle
Que faire de Stocamine et de ses encombrants déchets ? Déstocker ou confiner ? Aucune de ces deux solutions n’emporte l’unanimité, chacune présentant des inconvénients. Du côté du gouvernement, on estime que le pire a été évité depuis que 2 379 tonnes de déchets au mercure et au zirame (un phytosanitaire utilisé dans les vignes) ont été extraits de la mine sans accident entre 2014 et 2017 par l’entreprise allemande Saar Montan, pour un coût de 24,5 millions d’euros. Et que continuer les opérations pourrait se révéler extrêmement coûteux et surtout dangereux pour les mineurs. C’est pourquoi le gouvernement s’est prononcé en faveur d’un confinement définitif dès 2017, avant d’hésiter deux ans plus tard pour finalement revenir sur sa position initiale. Pour la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, descendue dans la mine en janvier 2021, la solution est claire : un confinement sans déstockage supplémentaire.
Un choix qu’associations et élus locaux décrient. Ils s’inquiètent de risques potentiels de pollution pour la nappe phréatique d’Alsace, la plus grande d’Europe, située juste au-dessus du site. A de multiples reprises, ils ont tenté de faire annuler devant les tribunaux cette décision. En vain. Dernier échec en date pour les défenseurs de l’environnement : lundi 14 mars, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté une demande de référé-liberté formulée par l’association de défense de l’environnement Alsace Nature. Si bien que des travaux partiels de confinement du site dans un sarcophage de béton débuteront mi-mai, a appris l'AFP le 7 avril auprès de l'exploitant de la mine. D'ici l'été 2023, six barrages imperméables seront installés au fond du site par l'injection de plusieurs sortes de béton, écrit l'agence de presse, qui indique que douze de ces «barrières de confinement» seraient nécessaires en cas de confinement définitif du site.



