Pourquoi les prix de l'abricot et de la pêche explosent

Conséquence de récoltes très décevantes marquées par un hiver exceptionnellement doux et des épisodes de gel, l’abricot et la pêche voient leurs prix fortement augmenter.

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Abricots
Les conditions climatiques de l'année écoulée n'ont pas aidé l'abricot.

Fin de campagne peu vitaminée pour les fruits d’été. Les beaux jours ne suffiront pas à sauver la saison de l’abricot. Au 1er juillet, Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, estime que la production plongerait de 29 % en 2020, à 96 300 tonnes, et ce malgré des surfaces stables (12 200 hectares, en baisse de 1 %). Il s’agirait de la plus faible récolte depuis douze ans, après celle de 2008, marquée par un gel sévère.

"La floraison et la nouaison ont été affectées par un hiver exceptionnellement doux puis par des gelées et des intempéries printanières, notamment en Vallée du Rhône et en Provence", souligne Agreste. En Provence-Alpes Côte d’Azur, la production chuterait de 42 %. En Occitanie (-29 %), l’hiver très doux a entrainé des anomalies dans la floraison. En Auvergne Rhône-Alpes, "la charge des arbres est faible, conséquence des gelées de fin mars".

Une chute de la production généralisée en Europe

Même si la saison est en avance d’une dizaine de jours par rapport à 2019, à la même époque, les premiers volumes d’abricots commercialisés étaient réduits. "Les intempéries de mai entrainent des tris parfois importants pour la commercialisation des variétés précoces", précise Agreste. De fait, l’offre ne suffisant pas à répondre à la demande, les prix de l’abricot sont soutenus : en juin, ils augmentaient, sur le marché français, de 46 % sur un an et de 37 % par rapport à la moyenne 2015-2019. Suite aux intempéries de juin, une partie de la récolte a été dirigée vers l’industrie, avec pour conséquence une réduction plus importante de l’offre commercialisée en frais.

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A l’échelle européenne, la situation n’est guère meilleure – la production d’abricot perdrait 37 %, à 401 883 tonnes (France, Italie, Espagne, Grèce). "Les zones de production méridionales ou méditerranéennes ont connu un hiver exceptionnellement doux, avec peu d’heures de froid et des températures très élevées en décembre et en février avec des maximales parfois supérieures à 25 degrés. Ce climat hivernal n’a pas permis de satisfaire les heures de froid nécessaires à la dormance de certaines variétés d’où une floraison peu abondante, erratique, hétérogène et un déficit de production", expliquent les auteurs de l’étude Europech’. Il faut remonter à 2003 et à 1998 pour identifier des récoltes plus faibles.

Nectarines et brugnons n’ont pas la pêche

La pêche n’est pas non plus au beau fixe. La situation est certes moins alarmante avec une production française attendue en recul de 8 % en 2020, à 187 300 tonnes (97 400 tonnes de pêches et le solde en nectarines et brugnons), là aussi à surfaces quasi-constantes. La floraison a été réduite, suite à un hiver très doux et des gelées en Vallée du Rhône. La douceur du printemps a permis d’avancer les premières récoltes d’une à deux semaines, début juin. En juin 2020, En juin 2020, les cours étaient en hausse de 19 % sur un an. En Europe, la production perdrait au total 22 %. Il faudra donc attendre un peu avant de refaire des tartes, ou réduire les quantités...

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