Faisant fi des incertitudes liées à l’adoption d’une réforme judiciaire controversée, qui a valu à Israël des avertissements des agences de notation de crédit, les poids lourds mondiaux de la tech continuent à augmenter leur mise dans le pays. Après Intel et Nvidia, c’était au tour d’Amazon Web Service (AWS) d’annoncer, le 1er août, un investissement de taille : 7,2 milliards de dollars étalés sur 15 ans pour lancer une nouvelle zone de cloud computing. L’Etat hébreu devient ainsi la 32ème région géographique du géant américain du commerce en ligne.
Une bonne nouvelle pour ses clients sur place, qui devaient jusqu'à présent se connecter à d'autres régions éloignées (États-Unis ou Europe), ce qui entraînait des temps de latence. Sans compter le cas des administrations liées au gouvernement ou à l’armée, obligées de conserver les informations à l'intérieur des frontières du pays et ne pouvant pas utiliser de serveurs situés à l'étranger.
Abondance de talents
L’origine du lancement d’Israël comme nouvelle région d’AWS remonte à avril 2021, lorsque l’entreprise remporte l'appel d'offres «Nimbus» pour la fourniture de services de cloud public aux services gouvernementaux et à l’armée israélienne. Tous les géants de la tech opérant en Israël avaient tenté leur chance. Seuls Amazon et Google ont emporté la mise, face à Microsoft et Oracle.
Prasad Kalyanarman, vice-président des services d'infrastructure chez AWS, vante « la stratégie d'Israël pour promouvoir l'innovation technologique, ainsi que son abondance de talents, qui ont permis de créée un centre mondial florissant pour les entrepreneurs (…) et les multinationales ». Et d’ajouter que le groupe de Seattle est « fier de soutenir les efforts d'Israël dans la transformation numérique du secteur public ». A rebours, certains observateurs font valoir qu’une grande partie de l’investissement sera consacrée à l'achat de serveurs et d'équipements produits à l'étranger, et ne sera pas dépensée localement.

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Le pays attend avec impatience la concrétisation d’un autre méga-projet après l’annonce, le 18 juin par le ministère israélien des Finances, de la signature d’un « accord de principe » d’Intel pour la construction d’une nouvelle mégafab sur le site de Kiryat Gat. L’investissement de l’entreprise, qui emploie déjà 12 000 personnes dans le pays, serait d’environ 25 milliards de dollars (dont 3,2 milliards de subventions publiques), soit « le plus important jamais réalisé par une multinationale dans le pays » d’après le ministère.
800 start-up
« Nous collaborons actuellement avec le gouvernement israélien pour obtenir une lettre d'approbation finale pour le nouvel investissement, précise à L’Usine Nouvelle un porte-parole de l’américain. Nous nous abstenons de fournir des détails spécifiques concernant le montant de l'investissement en capital et les incitations jusqu'à ce que l'accord d'investissement soit finalisé. » Reste que «la construction de nouvelles capacités de fabrication à Kiryat Gat est un élément essentiel de la stratégie de croissance d'Intel », développe-t-il. « Parallèlement à l'annonce d'un nouveau site de fabrication de plaquettes à Magdebourg, de l'installation d'assemblage et de test récemment annoncée en Pologne et de l'installation de fabrication de plaquettes existante en Irlande, les fabs en Israël formeront une chaîne de valeur unique et avancée de fabrication de semi-conducteurs de bout en bout dans la région EMEA ».
Autre annonce à avoir marqué les esprits : celle du fabricant de puces Nvidia. Le groupe a révélé fin mai qu’il construisait le superordinateur d'intelligence artificielle (IA) le plus puissant d'Israël, et « l’un des plus rapides au monde », afin de répondre à la demande croissante des clients pour les applications d'IA. Un système basé sur le cloud représentant un investissement de « centaines de millions de dollars » et censé être partiellement opérationnel d'ici la fin de 2023. Selon Gilad Shainer, vice-président senior du groupe, Nvidia a travaillé avec 800 startups en Israël et des dizaines de milliers d'ingénieurs en logiciel sur « le développement d'applications d'IA générative nécessitant de grandes unités de traitement graphique (GPU) ».
A noter que le ChatGPT d'OpenAI a été créé avec des milliers de GPU Nvidia, un système développé par l'ancienne équipe du concepteur de puces israélien Mellanox Technologies, que Nvidia avait racheté en 2019 pour près de 7 milliards de dollars surenchérissant sur… Intel. Nul doute que dans les mois à venir, la bataille à laquelle se livrent les géants de la tech se doublera d’une guerre pour s’attirer les meilleurs ingénieurs du pays.



