Les puces électroniques (ou semi-conducteurs) font l’objet d’une bataille inédite entre les grandes nations industrielles. Partout, elles sont vues comme essentielles non seulement à l’activité économique, mais aussi à la souveraineté et à la sécurité nationales. La pénurie actuelle fait prendre conscience du rôle clé que ces petits pavés de silicium jouent dans l’économie moderne.
Cette industrie a vu le jour après l’invention du transistor aux Bell Labs, en 1947. C’est là que les puces ont commencé à remplacer les lampes sous vide dans les équipements électroniques, ouvrant la voie à des produits plus compacts, plus performants et moins chers. L’informatique en a été le premier moteur de développement. Puis sont venus l’électronique grand public et le smartphone. Qu’est-ce qui tirera son expansion demain ? Peut-être la voiture électrique, l’internet des objets ou le spatial grand public. Cette filière est loin d’avoir atteint la maturité. En 1977, le marché mondial était estimé à moins de 4 milliards de dollars par le cabinet WSTS. En 2020, il atteint 439 milliards de dollars. Et, en extrapolant la tendance des quinze dernières années, il pourrait franchir la barre de 1 000 milliards de dollars au début de la prochaine décennie.
L’écosystème des puces est l’un des plus complexes, avec une chaîne de valeur qui comprend des matériaux, des gaz et des produits chimiques, des équipements de production, des logiciels d’aide à la conception, de la propriété intellectuelle, des services de fonderie, mais aussi des prestations d’assemblage, de test et de packaging. C’est la raison pour laquelle la Chine, malgré des moyens considérables, peine à atteindre ses objectifs de développement dans cette filière stratégique. Car elle doit avancer sur tous ces fronts à la fois. Pas si simple quand la principale puissance du secteur, les États-Unis, lui met des bâtons dans les roues.
La fonderie de puces, techno critique

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L’émergence du métier de fondeur de puces, sorte de sous-traitant qui fabrique les circuits des autres, constitue l’un des phénomènes les plus marquants. Elle a accompagné le développement fulgurant de sociétés « fabless » (sans usine), notamment Qualcomm, Broadcom et Nvidia. Ces derniers sont devenus leaders dans leurs domaines respectifs en se concentrant sur la conception de leurs circuits, confiant ensuite leur fabrication à des fondeurs comme TSMC, Samsung, GlobalFoundries et UMC.
L'Usine Nouvelle L’essor de la fonderie de puces a permis aussi à des équipementiers électroniques, à l’image d’Apple, de Huawei et de Cisco, de maîtriser les puces clés de leurs produits. La particularité de cette activité est d’être localisée principalement en Asie, ce qui n’est pas sans poser des problèmes. Le monde entier dépend, pour les circuits les plus avancés, de deux fondeurs, le sud-coréen Samsung et le taïwanais TSMC.
C’est pourquoi Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, milite pour la création en Europe d’une fonderie avancée de puces, à l’instar des États-Unis, qui ont convaincu TSMC d’installer une usine en Arizona. L’idée fait débat. Mais elle a le mérite de questionner l’Europe sur son avenir dans les puces.
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