Florence Parly fait partie des ministres qui joueront les prolongations. Elle a été confirmée comme ministre des Armées du premier gouvernement de Jean Castex. Cette énarque avait été nommée en juillet 2017, dans le second gouvernement d’Edouard Philippe, pour assurer la succession de Sylvie Goulard qui était restée quelques mois en poste seulement.
La ministre a semble-t-il donné satisfaction sur ces trois années d’exercice à la tête de l’hôtel de Brienne. A son actif,
figure la création de l’agence de l’innovation de Défense afin de permettre aux armées de bénéficier plus rapidement des technologies notamment celles issues du secteur civile comme l’intelligence artificielle, la rénovation de la DGA (Direction générale de l’armement) pour gérer plus efficacement les grands programmes d’armement, le développement d’une nouvelle doctrine en matière de cybersécurité offensive ou encore la création du premier commandement spatial pour superviser les nouvelles menaces dans l’espace exo-atmosphérique...

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Durant son mandat, elle a également multiplié les déplacements à l'étranger pour soutenir les exportations d'armement nécessaires au modèle d'armée de la France. Avec un certain succès. Selon le dernier rapport sur les exportations d'armement, les prises de commandes se sont élevées pour l’année 2019 à 8,33 milliards d’euros nettement supérieures aux moyennes constatées entre 6 et 7 milliards d’euros.
Une task force pour sauver les PME stratégiques en péril
Florence Parly connaît par cœur les dossiers urgents sur son bureau. Si les armées ne sont pas épargnées par la crise économique qui frappe le pays, c’est d’abord de leurs fournisseurs qu’il faudra prendre soin. Le plus urgent concerne la sauvegarde des entreprises stratégiques du secteur de la défense, celles qui font partie de la «BITD», la fameuse base industrielle et technologique de défense.
En effet, certaines de ces entreprises font également partie de la filière aéronautique et sont sévèrement touchées par la crise que subissent de plein fouet le secteur aérien et leur grand donneur d’ordres, le groupe Airbus. Le ministère des Armées a d’ailleurs pris la tête d’une task force interministérielle pour identifier ces entreprises en péril afin de leur venir en aide. Au moment de l’annonce du plan de soutien au secteur aéronautique, aux côtés du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, Florence Parly avait annoncé l’accélération pour 600 millions d’euros de commandes de son ministère.
Un budget des armées à défendre
Autre défi à plus long terme, la ministre des Armées devra défendre bec et ongles le budget de la Défense. Il faudra repousser les tentatives de Bercy souvent tenté de demander aux armées de participer à l’effort de solidarité nationale en période de crise budgétaire. La tentation sera d’autant plus grande que pour la période 2019-2025, les armées se sont vues attribuer des crédits historiques. L’objectif est d’atteindre les 2% du produit intérieur brut en 2025, avec des marchés d’ores et déjà garantis de 1,7 milliard d’euros chaque année jusqu’en 2022, et même de 3 milliards d’euros en 2023. Cela correspondra à un budget annuel moyen de 39,6 milliards d’euros sur la période 2019-2023, à comparer aux 34,2 milliards de la période précédente. Durant cette période, il est même prévu de mettre fin à la tendance baissière des effectifs du ministère avec 6 000 recrutements programmés.
Négociations pour le fonds européen de défense
Enfin, Florence Parly devrait soutenir l’ambition du Président de la République de donner corps à l’Europe de la Défense. Cela passe d’une part par le soutien affirmé aux grands projets de coopération en cours, les programmes d’avion et de char de combat de nouvelle génération avec l’Allemagne comme partenaire principal.
Cela passe aussi par un lobbying auprès du Parlement européen pour augmenter les crédits du futur fonds européen de défense de l’Union Européenne pour la période 2021-2027. Ce fonds doit permettre aux pays membres de financer l’innovation et le développement de nouveaux systèmes conçus en coopération. Alors qu'il était prévu avec un montant de 13 milliards d’euros à l’origine, les négociations semblent s’orienter vers un montant réduit à 9 milliards d’euros.



