Dassault Aviation et Airbus vont enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Les deux avionneurs ont reçu, avec leurs partenaires, un important accord pour le Système de combat aérien du futur (SCAF). Jeudi 20 février, les gouvernements français et allemand ont signé le contrat-cadre initial de 150 millions d’euros après plusieurs mois de rivalités politiques et industrielles. Un soulagement pour les entreprises qui avaient tiré la sonnette d'alarme en novembre 2019, ne voyant toujours rien venir.
Premier vol du démonstrateur prévu pour 2026
Grâce à cet accord, les industriels vont commencer à travailler sur le développement des démonstrateurs et les technologies de pointe du SCAF (furtivité, intelligence artificielle, connectivité…). Une maquette avait déjà été dévoilée au salon aéronautique du Bourget (Seine-Saint-Denis) en juin 2019. Objectif, faire voler un prototype en 2026.

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Piloté par la France et l’Allemagne, le projet SCAF doit remplacer à l’horizon 2040 le Rafale de Dassault Aviation et l’Eurofighter développé par un consortium européen. “C’est un projet qui illustre notre volonté et notre ambition pour l’Europe de la Défense”, a expliqué la ministre française des Armées, Florence Parly.
Un contrat modeste mais longtemps attendu
Le montant du contrat reste relativement modeste : 150 millions d’euros pour une durée de 18 mois, alors que la France et l’Allemagne doivent encore investir 4 milliards d’euros jusqu’en 2025. Les industriels concernés (Airbus, Dassault Aviation, MBDA, Safran, Thales et l’entreprise allemande MTU Aero Engines) se réjouissent toutefois de la nouvelle après avoir maintes fois dénoncé les retards du programme.
“Cela fait déjà un an que nous travaillons ensemble sur l’étude de concept commune avec des simulations pour préparer ce grand système de combat”, retrace Eric Trappier PDG de Dassault Aviation. L’entreprise a été désignée maître d’oeuvre sur le Next Generation Fighter (NGF), l’élément principal du SCAF, tandis qu’Airbus a été sélectionné comme partenaire principal sur cette partie. Une collaboration historique entre les deux entreprises.
“Beaucoup ne pariaient pas sur notre capacité à s’entendre, reconnaît Eric Trappier. Le premier retour depuis un an, c’est que cela se passe bien. Évidemment il faut que nous apprenions à travailler ensemble, cela ne se fait pas en quelques mois. Ce sera plus facile maintenant parce que nous avons un vrai contrat donc nous allons pouvoir avancer avec des objectifs techniques et technologiques définis. Les ingénieurs travailleront plus facilement ensemble plutôt que de travailler en attendant un contrat.”
Les premiers travaux de Dassault Aviation sur le NGF auront principalement lieu à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). “C’est l’endroit où nous avons un bureau d’études”, a précisé Eric Trappier.
“Aujourd’hui, nous sommes dans un ciel bleu”
Le poids des entreprises françaises dans le projet suscite régulièrement des inquiétudes chez les parlementaires allemands. Si on exclut Airbus, seule l’entreprise allemande MTU Aero Engines est citée dans le contrat cadre initial pour travailler avec Safran sur le moteur du SCAF.
Ces querelles nationales vont-elles menacer le développement du programme ? Le patron de Dassault Aviation s’est voulu rassurant : “Nous qui sommes des spécialistes d’aviation, nous savons que de temps en temps il y a des nuages mais nous passons au-dessus des nuages et nous retrouvons le ciel bleu. Aujourd’hui, nous sommes dans un ciel bleu.” Eric Trappier estime également que les “équilibres” sont “bien préservés” entre les entreprises françaises et allemandes.
“Il y a des différences de processus entre la France et l’Allemagne, estime de son côté Dirk Hoke, patron de la division Airbus Defence and Space, qui vient d'annoncer par ailleurs sa restructuration, avec des postes supprimés en Allemagne et en France notamment. Cela ne veut pas dire que les députés allemands sont moins convaincus par le SCAF.”
Le SCAF “sera bien meilleur” que le F-35
Cette collaboration européenne va prochainement intégrer l’Espagne. Le 20 février, les gouvernements allemand, espagnol et français ont également signé une “lettre d’intention concernant l’intégration de l’Espagne dans les activités de recherches et technologies relatives au SCAF”.
Grâce au SCAF, les pays impliqués souhaitent concrétiser l’Europe de la défense et proposer un concurrent au F-35 de Lockheed Martin à l’international. “Pour l’instant, nous avons des explorations de technologies. Demain, il va falloir construire un système opérationnel. Il est hors de question de faire un système opérationnel moins bon que le F-35. Il sera bien meilleur”, promet le patron de Dassault Aviation.



