Selon un article de L’Opinion, l’ancien candidat LREM à la mairie de Paris et porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux se serait vu confié en tant que député une mission sur la « Base industrielle et technologique de défense » (BITD). Durant deux mois, il serait chargé avec le député Les Républicains Jean-Louis Thieriot de se pencher sur la place des industries de défense dans le plan de relance post-Covid-19. L'Usine Nouvelle a demandé au ministère des Armées de confirmer cette information. Mais qu'est-ce que la BITD et pourquoi est-elle si stratégique ?
L’Observatoire économique de la Défense, rattaché au ministère des Armées, établit chaque année la Base industrielle et technologique de la défense. Elle regroupe l’ensemble des entreprises contribuant directement ou indirectement à la production ou au maintien en condition opérationnelle des armements : elles sont soit fournisseurs directs du ministère des Armées, soit sous-traitants des grands maîtres d’oeuvre industriels de la Défense. En 2018, c’était une dizaine de grands groupes de taille mondiale (groupe Airbus, Dassault Aviation, Naval Group, MBDA, Nexter, Safran, Thales...) et 4 000 PME, soit environ 200 000 emplois, qui étaient comptabilisés.
Certaines entreprises "concourent à la production des systèmes d’armes et des équipements létaux (de la R&D jusqu’à l’entretien)", d’autres "fournissent des produits non létaux mais stratégiques (type carburant)", ou encore "fournissent des produits courants utilisés par les armées (type nourriture)", définit l’Observatoire économique de la défense.

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La nécessité de mieux connaître ces entreprises
Or mieux les connaître est fondamental "pour la politique industrielle du ministère de la Défense, que celle-ci passe par les programmes (en matière d'équipements et de recherche et développement), l’appui aux exportations, la participation au capital d’entreprises, l’influence dans les processus de regroupements industriels ou encore les mesures de reconversion", expliquait le bulletin Ecodef de cet observatoire dès 2012.
D’autant que cette base "est peu et mal analysée" : "si les maîtres d’œuvre sont bien connus, il n’en va pas de même pour leurs sous-traitants. De plus, les entreprises qui exercent une activité propre à l’industrie militaire sont généralement «duales», au sens où elles sont aussi actives dans des secteurs civils. Deuxièmement, même après leur identification, la connaissance de ces entreprises se heurte au manque d’informations disponibles, notamment sur leurs attributs (taille, chiffre d’affaires, activité principale, …)", précisait la revue.
Un rôle stratégique dans les exportations françaises
Pourtant, ces entreprises jouent un rôle clé dans les exportations militaires mais aussi civiles de la France. "Les entreprises de la BITD représentent environ 1% des entreprises exportatrices résidentes sur le territoire national et réalisent un quart des exportations totales françaises (soit une moyenne annuelle de 100 milliards d’euros sur la période 2010-2013). Les marchés internationaux (civils et militaires) déterminent, en moyenne sur la période 2010-2012, 45% du chiffre d’affaires des entreprises de la BITD", relevait le bulletin EcoDef en 2014. Ces activités à l’international, en matière militaire, sont à l’origine de retombées en emplois (directs, indirects et induits) dans les territoires estimées à 46000 en 2011 et 51000 en 2013."
En 2017, la ministre des Armées Florence Parly avait remis au président de la République un rapport militant pour la conservation d'un modèle d'armée complet. Pour répondre au défi de l'autonomie stratégique du pays, les experts rappelaient alors la nécessité de renforcer la BITD française. "La BITD doit être soutenue et entretenue à tous les niveaux (start-up, PME, ETI, grands groupes)", insistait le rapport.
Leurs auteurs estimaient toutefois qu'il ne faut se bercer d'illusions. "Nous avons une ambition d'autonomie stratégique. Nous savons que cette autonomie ne peut être que relative dans beaucoup de domaines. Le domaine industriel et technologique en fait partie", reconnaît Arnaud Danjean. D'où la nécessité de nouer des coopérations industrielles et technologiques maîtrisées. Comme celle décidée avec les Allemands dans le futur avion de combat successeur du Rafale, le SCAF.
Au sein du ministère des Affaires étrangères, on plaide d’ailleurs pour "la nécessité d’un renforcement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) de l’UE, unique garantie de pérennité de l’autonomie industrielle et technologique de l’Union Européenne s’agissant des matériels de défense".



