Bruno Le Maire propose un marché à l’industrie automobile. Intervenant sur BFM Business lundi 11 mai, le ministre de l’Economie est revenu sur la possibilité d’un soutien de l’Etat à la filière française. Une demande formulée depuis plusieurs semaines déjà par la Plateforme automobile (PFA), l’instance présidée par l’ancien ministre Luc Chatel, et qui défend les intérêts d’un secteur fortement chahuté par l’épidémie du Covid-19. Au premier trimestre 2020, les ventes de voitures particulières neuves ont chuté de 25,6% en Europe, et de 55,1% en mars, du fait de la fermeture des concessions et de l’arrêt de la production dans plusieurs pays du Vieux Continent.
Mais Bruno Le Maire a assorti le 11 mai cette possible aide à une condition :
rapatrier une partie de la production dans l’Hexagone. "Si vous dites aux constructeurs automobiles : nous sommes prêts à vous aider, […] à améliorer par exemple les primes à la conversion, […] à regarder ce qui peut améliorer la compétitivité sur le site de production français. La contrepartie ça doit être : quelles relocalisations vous envisagez ?" a ainsi déclaré le ministre français. Selon lui, "l’industrie automobile française a trop délocalisé" et "doit pouvoir relocaliser certaines productions". Un souhait que Bruno Le Maire avait déjà formulé en décembre 2019 dans le cadre d’une journée dédiée à l’automobile à Bercy.
Axer sur les véhicules électriques

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A l’époque, il avait estimé que "le modèle de développement [qui consiste à produire hors de France] est un échec économique qui a conduit à délocaliser notre production et à détruire des emplois". Un constat fait au moment où la montée en puissance des véhicules électriques et le déclin des ventes de diesel mettent en péril des milliers d’emplois en France. Dans un tel contexte, le ministre de l’Economie avait annoncé la création de deux fonds à destination des sous-traitants, ainsi que le lancement d’une mission visant à permettre de relocaliser des productions automobiles dans l’Hexagone, menée par Hervé Guyot, ancien de Faurecia devenu associé chez Oliver Wyman.
D’après Les Echos, le rapport aurait été rendu, mais ses conclusions pas encore publiées. Il s’agirait toutefois d’axer les efforts sur la production de véhicules électriques, compte tenu de la croissance attendue des ventes dans les années à venir pour répondre aux objectifs de CO2 fixés par l’Union européenne. Le 11 mai, Bruno Le Maire a mis l’accent sur l’initiative de la France et de l’Allemagne autour de la production de cellules de batteries. "Nous sommes prêts à participer à la filière batteries électriques. L’Etat met beaucoup d’argent public sur la table. C’est un grand enjeu stratégique et technologique pour l’Europe", a déclaré le ministre de l’Economie.
La production française quasiment divisée par deux
"Mais en contrepartie, il faut aussi que l’industrie automobile s’engage à dire que telle catégorie de véhicules ou telle catégorie de fabrication, nous allons la relocaliser en France", a-t-il une nouvelle fois insisté. En l’espace de quinze ans, la production de véhicules finis a été quasiment divisée par deux en France, passant de 3,5 millions de voitures par an, à un peu plus de deux millions en 2019. La faute à la délocalisation de plusieurs modèles, en particulier les petits modèles de segment A et à B à fort volume mais à faibles marges. Aujourd’hui, la Renault Clio est produite à Bursa (Turquie) et Novo Mesto (Slovénie), tandis que la Peugeot 208 est assemblée à Trnava (Slovaquie) et Kenitra (Maroc).
Chez PSA, ce sont les SUV qui continuent de tirer la production française, tandis que Renault mise sur le succès commercial de ses véhicules utilitaires. D’où la volonté, chez le constructeur au Losange, de faire redémarrer en priorité son usine de Sandouville (Seine-Maritime), en charge des Trafic. Mais la tendance reste à une baisse de la production automobile hexagonale, qui a mécaniquement entraîné des suppressions de postes dans l’ensemble de la filière : selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), l’industrie automobile employait 301 000 salariés en 2004. Ils n'étaient plus que 213 000 en 2017.



