L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) n’a toujours pas levé son alerte concernant les tensions d’approvisionnement en paracétamol en France. Une alerte enclenchée en juillet 2022, et renouvelée en octobre. Si les hôpitaux ne sont pas concernés par des mesures de contingentement, les pharmacies de ville sont contraintes de limiter la distribution des boîtes de Doliprane, de Dafalgan ou encore d’Efferalgan depuis plusieurs mois. Si les tensions d’approvisionnement existent, il n’y aurait toutefois pas de risque de rupture d’approvisionnement, et toutes les formes orales et suppositoires de paracétamol en France sont ouvertes aux commandes pour les pharmaciens, même limitées. Sur le plan industriel, les deux producteurs en France sont catégoriques : il n’y a aucun problème de production.
Les usines de Sanofi et d'Upsa tournent à plein régime
Sanofi est le plus exposé, en raison de la notoriété de sa marque Doliprane. Le laboratoire français en produit à Lisieux, dans le Calvados et à Compiègne, dans l’Oise. «Nous produisons au maximum de nos capacités, nous avons renforcé les effectifs, les usines tournent sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Aucune production ne s’arrête par manque de composants. La difficulté ne vient pas de là», assure-t-on au siège du groupe. Ajoutant que toutes les références du groupe, même les pédiatriques, sont disponibles.
Le constat est similaire dans le Lot-et-Garonne, pour les usines à Agen et Passage d’Agen du laboratoire Upsa. Christophe Roberge, directeur de l’usine de Passage d’Agen précise que les deux unités du site «ont produit 275 millions de boîtes en 2021».«Nous serons entre 330 et 340 millions de boîtes cette année. Nous produisons à pleine charge actuellement», certifie-t-il aussi. Sur les références pédiatriques, «nous avions 2% du marché en France, mais notre production a augmenté de 50% cette année», ajoute le dirigeant. Là encore, les usines produisent sans interruption. Tous les composants et matières premières y sont disponibles, malgré des coûts qui ont augmenté, de l’ordre de 25%.
Mais alors, d'où viennent ces tensions d'approvisionnement? En réalité, les médicaments sous forme de paracétamol seraient sujets à une surconsommation en France. Du côté de chez Sanofi, on dit constater «une demande supérieure à ce que l’on observe habituellement», en particulier sur les formes pédiatriques qui sont «l'une des formes les plus demandées». Entre les vagues de Covid-19 et le grand retour des pathologies hivernales, surtout avec l’arrêt de l’obligation du port des masques, la demande en paracétamol s’accroît. En raison des alertes récurrentes ces derniers mois sur les tensions d’approvisionnement, l’existence d’un phénomène de stockage excessif, un peu comme avec le papier toilette ou les pâtes en période de confinement, n’est pas forcément à exclure non plus... D’où le maintien actuel des contingentements.



