Thririet est un distributeur et fabricant de produits surgelés qui pousse l’intégration jusqu’à concevoir lui-même certains de ses équipements de production. Basée à Eloyes, dans les Vosges, l’entreprise familiale de 3000 salariés (chiffre d’affaires de 800 millions d’euros en 2023) a levé le voile sur certaines de ses recettes industrielles à l’occasion de la présentation de son plan stratégique 2024-2026, mi-septembre.
En préambule, Christiane Bertoncini, la directrice générale du groupe, rappelle que «sur nos 1 800 références, 450 sont produites dans nos propres ateliers». La partie restante est développée par une équipe de R&D d’une vingtaine de personnes, «toujours sous la houlette de notre président, Claude Thiriet», complète-t-elle.
La production d’un dessert pour les fêtes de fin d’année illustre le savoir-faire des ateliers de fabrication d’Eloyes où travaillent 220 personnes. Il aura fallu trois à quatre mois aux équipes R&D pour mettre au point cet entremet glacé en forme de bonnet d’hiver ; huit à neuf mois aux équipes industrielles pour le mettre en production.
Les ingénieurs de Thiriet ont développé les têtes de doseuse agroalimentaire ainsi que la machine de démoulage, un gain de temps considérable. En effet, comme l’explique Stéphane Bonnet, directeur d’usine, «la machine de démoulage a été conçue en 4/5 mois, alors qu’il nous aurait fallu patienter un an pour l’obtenir auprès d’un fabricant d’équipements». Le nouveau dessert est également floqué dans une cabine de pulvérisation de chocolat conçue et assemblée par l’équipe industrielle de Thiriet. Cette dernière est composée de 6 personnes, dont 4 ingénieurs en mécanique. De part et d’autre du tunnel de surgélation, 35 salariés s’activent pour produire ces bonnets givrés. Deux équipes se relaieront ainsi pendant 2 mois et demi pour fabriquer 7500 unités par jour.

- 1041.6+3.68
Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 455+7.18
Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 626.5+1.18
Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Les roulettes visibles aux pieds des équipements témoignent également de la modularité des lignes de fabrication sur le site vosgien. «Nous avons des lignes mono-produit, très automatisées, notamment pour la fabrication de cônes glacés, mais aussi des lignes flexibles, conçues spécialement pour un dessert et comprenant davantage d’opérations manuelles», poursuit le directeur d’usine. C’est l’équipe de nuit en charge du nettoyage des chaînes de production qui est responsable de la préparation de ces lignes.
Croissance externe
Forte de réserves foncières à Eloyes, l’entreprise a les moyens d'augmenter sa production. «Nous n’excluons pas de compléter notre écosystème, que ce soit en sucré ou en salé, en mettant en place de nouveaux outils de fabrication, pour avoir un positionnement distinctif», éclaire Christiane Bertoncini. Pour garantir la fraicheur, mais aussi l’équilibre financier de son bonnet glacé, le spécialiste des surgelés n’a par exemple pas hésité à fabriquer lui-même le crumble du produit. Thiriet espère ainsi grignoter des parts sur le marché français des surgelés largement dominé par la grande distribution (GMS). «Nous pesons 10%, tandis que Picard occupe 20% du marché et la GMS 70%», résume la directrice générale.
Ces dernières années, Thiriet a principalement accru ses capacités industrielles par croissance externe, en prenant une participation minoritaire en 2022 dans Le Borvo, un producteur de saumon à Chemilly-sur-Yonne (Yonne) et en faisant l’acquisition de La fabrique givrée à Tournon-sur-Rhône (Ardèche) en 2020. Les deux entreprises emploient respectivement 40 et 20 salariés.



