Pour la filière chimie, un plan d’action européen qui va dans le bon sens... mais qui reste à concrétiser

Le plan d’action présenté par la Commission européenne pour soutenir l’industrie chimique continentale a été salué par le secteur ainsi que par le ministère français de l’Industrie. Lesquels soulignent toutefois que les volontés affichées auront besoin de rapidement se transformer en mesures effectives.

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Steamcracker im BASF-Werk Ludwigshafen / Steam cracker at BASF's Ludwigshafen site
5% des capacités industrielles de la chimie dans l'UE ont fermé rien qu'en 2023, selon le Cefic, la fédération européenne de l'industrie chimique.

Toutes les parties semblent soulagées. Présenté le 8 juillet par la Commission européenne, le plan d’action pour venir en soutien de l’industrie chimique a visiblement coché les bonnes cases. De France Chimie à la Fédération européenne des industries chimiques (Cefic), et jusqu’au ministère français de l’Industrie et de l’Energie qui avait convoqué en amont une réunion d’urgence de l’alliance des industries lourdes le 7 juillet, tous ont salué un plan d’action répondant à leurs demandes. Reste toutefois à voir les mesures se concrétiser, et le plus rapidement possible.

Car il y a urgence. Quatrième plus grand secteur industriel en Europe, fournissant en matières de base et spécialités quasiment toutes les autres filières industrielles, composée de 29000 entreprises et dénombrant 1,2 million de salariés directs dans l’UE, la chimie européenne se trouve dans une situation très difficile. Selon le Cefic, 5% des capacités totales ont été fermées rien qu’en 2023. Et l’hémorragie se poursuit ces derniers mois sur tout le continent. Dernier en date, le 7 juillet, c’est le chimiste américain Dow qui a annoncé la fermeture d’ici à 2027 de deux grandes unités en Allemagne, ainsi que d’une au Pays de Galles.

Un calendrier jusqu'à fin 2026 pour la concrétisation du plan d'action chimie

De l’extension des aides d’Etat pour réduire les coûts énergétiques, au recensement des molécules et sites critiques dans l’UE, jusqu’aux simplifications réglementaires ainsi qu’au soutien à la décarbonation, toutes les mesures du plan d’action européen ne sont pas encore programmées à court terme. Dans un communiqué, le cabinet de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Energie, regrette que le «calendrier de mise en œuvre s’étale jusqu’à fin 2026, ce qui n’est pas à la hauteur de la crise en cours qui voit fermer une plateforme chimique par mois. Nous veillerons avec l’Alliance de l’industrie lourde à accélérer ce calendrier».

«Il est désormais urgent que ces orientations se traduisent en mesures concrètes, à Bruxelles comme dans chaque Etat membre, pour restaurer la compétitivité de nos sites industriels et assurer leur rebond», souligne de son côté France Chimie dans un communiqué. Marco Mensink, directeur général du Cefic, parle lui, dans une déclaration écrite, de son attente «d’annonces supplémentaires et du paquet dédié à l’industrie chimique d’ici à la fin de l’année». Malgré les annonces reçues favorablement, la Commission européenne ne manquera sans doute pas encore de pression ces prochains mois.

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