Pour Carlos Tavares, les 3,7 milliards d’euros de synergies entre PSA et FCA sont "un plancher"

Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, considère que les synergies issues de la fusion entre son groupe et Fiat-Chrysler pourraient être supérieures aux 3,7 milliards d’euros prévus.

Réservé aux abonnés
Carlos Tavares
Carlos Tavares estime que le planning de la fusion entre PSA et FCA est parfaitement respecté.

Et si les synergies issues de la fusion entre le groupe PSA et Fiat-Chrysler (FCA) étaient plus importantes que prévues ? C’est ce qu’a laissé entendre le président du directoire du constructeur français, Carlos Tavares, lors de l’assemblée générale organisée jeudi 25 juin à huis clos en raison de l’épidémie de coronavirus. Les 3,7 milliards d’euros de synergies annuelles annoncées lors de la présentation du projet de fusion pourraient ainsi n’être qu’un montant "plancher".

Retrouvez ici notre dossier complet sur le rapprochement entre PSA et Fiat-Chrysler

Carlos Tavares compte notamment sur le travail de 25 groupes de travail, représentant 500 dirigeants des deux entreprises, pour consolider ce montant. Selon le responsable du groupe tricolore, il devrait provenir à 80% d’une utilisation intelligente des actifs et de la capacité à mieux acheter.

"Si l’on se projette dix à vingt ans en avant, on voit bien que la création de valeur" résultant de la fusion entre les deux entreprises "est énormissime" a insisté Carlos Tavares lors de l’assemblée générale diffusée par vidéo. En pleine crise du coronavirus, le rapprochement entre PSA et FCA apparaît comme un moyen de "nous protéger des situations dramatiques", telles que des fermetures d’usines ou des réductions d’effectifs, a estimé le responsable portugais en réponse à une question. "La fusion est la solution qui nous permet de répondre au mieux à toutes les angoisses" a-t-il déclaré, ajoutant que c’est "justement le fait de penser que cette fusion ne serait pas une réalité qui présente un énorme risque pour notre corps social".

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Pas de course à la taille

"Le rythme auquel les sociétés dans lesquelles nous opérons nous commandent de progresser sur une mobilité propre, sûre et abordable, n’est pas accessible dans un contexte de croissance organique des constructeurs automobiles. (…) Nous arrivons à un point où la taille est une dimension importante pour diluer les frais de Capex", a mis en avant Carlos Tavares pour justifier la pertinence du rapprochement avec FCA. Tout en écorchant au passage la stratégie adoptée pendant plusieurs années par certains de ses concurrents… Tels que Renault : "La course à la taille n’a jamais été un élément de notre stratégie. Nous pensons qu’elle présente de nombreux risques. Notre stratégie, c’est le gagner ensemble et l’efficience. Nous sommes dans un modèle qualitatif", a martelé le président du directoire de PSA.

Devant ses actionnaires, Carlos Tavares a estimé que "le planning est strictement respecté". "Nous avons déposé en termes d’antitrust pas moins de 20 dossiers et c’est ce qui était exactement prévu", a-t-il déclaré, tout en indiquant que le projet avait déjà reçu un feu vert dans la moitié des cas, y compris aux Etats-Unis, en Chine, et en Russie. En Europe, la Commission européenne a annoncé mi juin 2020 l’ouverture d’une enquête approfondie sur le rapprochement entre FCA et PSA. Bruxelles s'inquiète notamment du poids des deux groupes sur le segment des petits utilitaires en Europe. Le responsable de PSA s’est toutefois montré confiant sur l’issue de ce projet de rapprochement, et estime que le closing de l’opération devrait intervenir au plus tard à la fin du premier trimestre 2021.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.