La fonderie de plomb de Metaleurop a tourné de 1974 à 2001 à Arnas (Rhône), dans la zone industrielle au nord de Villefranche-sur-Saône. Résultat : le site et les environs sont pollués au plomb. Lors d'une campagne de contrôle réalisée en décembre 2022, 11 des 20 mesures ont affiché des taux supérieurs au seuil de vigilance de 100 mg/ kg de plomb dans la matière sèche analysée.
Effectué à l'intérieur de l'emprise de l'usine, un prélèvement atteint même une concentration de 320 mg/kg, réputée dangereuse. Le contact prolongé avec le métal lourd est fortement déconseillé, notamment aux enfants et aux femmes enceintes. Si aucun cas de saturnisme n'a été détecté parmi la population, selon la préfecture, l'État a gelé la zone autour de l'usine par une «servitude d'utilité publique». Impossible d'y construire crèches et écoles. Rien n'est dit sur le logement, mais l'immobilier est quasiment à l'arrêt dans la zone concernée.
Recycler des batteries usagées
Qu'aurait pu faire l'agglomération de Villefranche-sur-Saône de ce site si aucun industriel ne l'avait repris ? Rien ou pas grand-chose. À l'été 2022, le chimiste belge Campine, spécialiste du plomb et de l'antimoine, a acquis les usines de Metaleurope à Arnas et Escaudœuvres (Nord). Sur ces deux sites, il collecte, broie et trie des batteries usagées. Le plomb est ensuite dirigé vers son site principal, à Beerse, en Belgique, où il redevient un minerai. La collectivité locale a dû dépenser près de 500000 euros pour dépolluer des effluents. L'ancien propriétaire, Recyclex (ex-Metaleurop), n'existant plus, elle ne reverra sans doute jamais son argent.



