Plus aucun espoir pour les Cycles Mercier de s'implanter à Revin

Après l’Etat, la région Grand-Est a renoncé à financer l’implantation d’une usine de fabrication de vélos mécaniques et à assistance électrique à Revin (Ardennes). Annoncé en février 2021 le projet devait générer la création de 270 emplois sur la commune ardennaise.

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Cycle Mercier
Faute de financement les Cycles Mercier ne pourront s'établir à Revin (Ardennes).

Cette fois, le couperet est tombé pour de bon. Le ministère de l’industrie n’étant nullement disposé à revenir sur la décision de désengagement prise le 29 juillet, Jean Rottner, président de la région Grand-Est, a fait savoir le 11 août, après s’être entretenu avec Agnés Pannier-Runacher, que la région Grand Est, jetait à son tour l’éponge concernant l'implantation d'une usine pour les Cycles Mercier.

"On est sûr que l’Etat ne reviendra pas en arrière. C’est clair et net. Et, moi je n’ai pas de capacité à aller à l’encontre de cette mesure", précise Jean Rottner. En s’alignant sur la position adoptée par l’Etat, la région a définitivement ruiné les espoirs de Jean-Marc Seghezzi, PDG des Cycles Mercier, de relocaliser à Revin l’emblématique marque française des Cycles Mercier. Rattrapé semble-t-il par "des fautes graves", Jean-Marc Seghezzi est désormais complètement isolé. En cause : la participation à des sociétés offshore, le contournement de droits de douane antidumping et une entorse à une réglementation européenne. "Allégations diffamatoires et erronées", prétend le PDG qui a saisi le parquet national financier.

Lâché par le rétropédalage des deux acteurs majeurs du montage financier, Jean-Marc Seghezzi qui avait fait rêver les Ardennes en prévoyant l’embauche de 270 personnes en cinq ans pour fabriquer 500 000 vélos mécaniques et à assistance électrique sur un marché en pleine croissance (2,7 millions d’unités vendues en 2020) va devoir trouver un site européen pour mettre en œuvre son projet. Car il est désormais considéré "persona non grata" sur le territoire français.

L’Etat et la région en se retirant du montage financier ont scellé la fin d’un programme industriel alléchant qui, au grand dam des élus et de la population, n’aura jamais débuté sur le terrain. Une énorme désillusion pour une commune qui ne s’est jamais remis de la perte ses deux poumons : Porcher et Electrolux, ce qui a débouché sur la fuite de près de 6 000 habitants. Elle affiche, aujourd’hui, un taux de chômage de 27 %.

L’Etat s’est engagé à redéployer les six millions d’euros qu’elle avait initialement décidé d’engager dans ce projet afin que les Ardennes en conservent le bénéfice. Les deux grands opérateurs nationaux, Business France et la Banque publique d’investissements, ont été chargés par l’Etat d’identifier et d’orienter prioritairement des projets industriels. Le site de Revin est en haut de la pile.

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