En 2020, BASF prévoyait de finaliser dans les temps – dès 2022 – la construction et la mise en service d’une usine de précurseurs de matériaux cathodiques (pCAM), à Harjavalta, au sud-ouest de la Finlande. À l’époque, le géant allemand avait obtenu une première approbation des autorités compétentes, « après une évaluation approfondie de l’impact environnemental », raconte Tomi Oja, dg des matériaux pour batteries chez BASF, en Finlande. Mais des objections de la part d’ONG avaient ensuite mené au retrait de ce permis. « Depuis lors, nous avons parcouru un chemin douloureux, avec plusieurs cycles de permis accordés, faisant l’objet d’appel et – malheureusement – non maintenus », relate le dg.
Ces tergiversations se sont finalement soldées par la suspension, en février dernier, du permis environnemental par le tribunal administratif de Vaasa. Un nouveau report, mêlé d’incertitudes, non sans conséquences financières pour le groupe, qui a déjà investi un montant de l’ordre de trois chiffres en millions d’euros dans son site de Harjavalta. BASF se retrouve ainsi contraint d’entamer une procédure de licenciement qui pourrait impacter tous les salariés du site, pour une durée indéterminée. « Cette décision a été prise en raison de la longueur du processus d’autorisation dont les résultats étaient peu clairs, conduisant à un délai imprévisible pour l’obtention d’un permis final et sans appel », justifie le groupe, dans un communiqué.
Selon Tomi Oja, la planification commerciale, sur un marché dynamique tel que celui des batteries, requiert de la rapidité et de la certitude dans les prises de décision. « ce qui inclut un cadre juridique clair. Nous avons toujours eu de grands espoirs pour le site et espérons toujours qu’ils se réaliseront (…). Mais la situation générale, après plusieurs années, nous oblige à entamer des négociations », déplore-t-il. Ces dernières, débutant le 15 avril 2024, dureront six semaines.
Pour autant, BASF reste « déterminé à favoriser une chaîne de valeur des batteries innovante, durable et compétitive en Europe ». Car si le groupe envisage de licencier en Finlande, ses opérations de production de pCAM à Schwarzheide, en Allemagne, ne s’en trouvent pas affectées. Ce qui lui assure de pouvoir répondre à la demande en croissance des producteurs de CAM.



