Entre 1,3 et 1,7 milliard d’euros. Voici la somme qu’Orano devra mettre sur la table pour augmenter de 30 % ses capacités d’enrichissement d’uranium au Tricastin (entre la Drôme et le Vaucluse). Le projet, qui n’est pas encore définitif, a pour objectif de proposer une alternative à l’uranium enrichi issu de Russie, qui fournit les Européens à hauteur de 31 % et les Américains de 28 %. Et dont ils souhaitent s'affranchir.
Orano fait valoir que cette extension est prévue depuis la création de son usine d’enrichissement, donc que nombre d’étapes administratives et techniques ont déjà été franchies et qu'il serait possible d'ouvrir de nouvelles capacités dès 2028. Une concertation publique préalable se tient du 1er février au 9 avril dans le cadre de la Commission nationale du débat public (CNDP).
L’enrichissement est une étape cruciale du cycle du combustible, qui permet d’augmenter la part d’isotopes fissiles au sein de l’uranium pour le rendre utilisable dans une centrale électronucléaire. Dans le monde, quatre raffineurs – le russe Rosatom, le chinois CNNC, le consortium européen Urenco et le français Orano – se partagent ce marché, dont les cours ont plus que doublé depuis le début du conflit en Ukraine.
Un signe d’inquiétude des consommateurs d’uranium face à un marché tendu et dominé par la Russie, qu’Orano souhaite mettre à profit pour convaincre ses clients de signer des contrats à long terme afin de sécuriser son projet d’extension. Qui doit encore être confirmé.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3176 - Mars 2023



