Depuis le 18 octobre, la production d’isotopes stables - jusqu’à présent domaine réservé de la Russie et des Pays-Bas - compte un nouvel acteur : Orano. Quatre ans seulement après en avoir lancé l’idée et un peu plus de deux ans après donné les premiers coups de pelle, le groupe français a en effet officiellement inauguré ce nouvel équipement qui représente un investissement de 15 millions d’euros.
D’une superficie de 3 200 m², ce nouvel outil implanté sur le site du Tricastin fait appel aux différents savoir-faire développés par Orano en matière de chimie et d’enrichissement (des procédés mis en œuvre dans les usines Comurhex et Georges Besse II pour enrichir l’uranium après l’avoir converti en gaz) pour obtenir ces éléments non-radioactifs qualifiés d’ultra-purs et de stables. Cette nouvelle activité, qui emploiera une vingtaine d’ingénieurs et de techniciens, va permettre à Orano de valoriser ses technologies et de se positionner sur d’autres secteurs que celui, originel, de l’énergie.
De nombreux débouchés
Les isotopes stables qui seront produits en Drôme sont notamment utilisés dans les secteurs de la santé, de l’industrie ou bien encore de la recherche fondamentale. Ils sont également susceptibles d’entrer dans de nombreuses applications pratiques : biologie des organismes, physiologie, microbiologie, chimie, climatologie, géochimie, géophysique, etc. L’isotope 124 du xénon est ainsi utilisé pour effectuer les diagnostics de la thyroïde. L’isotope 129 du même xénon permet de rendre les lasers plus performants et d’améliorer la résolution des IRM. Quant à l’isotope 136 du xénon, il permet, lui, d’effectuer des recherches sur la matière. Augmenté à hauteur de 99,9%, l’isotope 28 contenu dans le silicium naturel est lui associé à la production à grande échelle de puces quantiques. Rappelons que parmi les 118 éléments qui constituent le tableau périodique des éléments, 80 présentent des isotopes stables.
«Cette inauguration témoigne des capacités de l’industrie nucléaire française, dans son ensemble, à se transformer, à se réinventer, à se diversifier. La construction de cet équipement va permettre de proposer à nos clients et une alternative française et contribuer à renforcer notre indépendance industrielle», a souligné Claude Imauven, président du conseil d’administration et directeur général par intérim d’Orano).
Les premières livraisons commerciales sont prévues en 2024 avec un objectif de chiffre d’affaires de 10 millions d’euros dans les trois ans à venir.



