Orano a annoncé le 5 octobre mobiliser des dizaines de partenaires et 19 millions d'euros supplémentaires pour accélérer dans le recyclage des batteries de véhicules électriques. Le groupe avait lancé, en 2020, un projet de recyclage des batteries lithium-ion baptisé « REsolutION1 », un investissement chiffré alors à 30 millions d’euros sur trois ans. L'objectif est d'extraire les matières stratégiques contenues dans les batteries en fin de vie pour en produire de nouvelles grâce à une technologie de rupture, en collaboration avec des industriels français et internationaux.
Pour développer son projet, Orano a signé, en juillet, un nouvel accord de partenariat en matière de recherche et développement à l’échelle européenne avec 18 partenaires (laboratoires, universités et industriels) de neuf pays (France, Finlande, Royaume-Uni, Suède, Estonie, Allemagne, Norvège, Belgique, Suisse ) dans le cadre du consortium « Respect ». Ce programme de recherche et d’innovation « Horizon Europe » de l’Union européenne bénéficie d’un financement de 9 millions d’euros, abondé par la Grande-Bretagne et la Suisse. Il couvre un champ très large relatif à la chaîne de valeur du recyclage des batteries des voitures électriques (logistique, tri, récupération des matières premières, valorisation) et à l’hydrométallurgie.
Dans le cadre du consortium « Batraw », un précédent accord de partenariat international avait été signé en mai, associant 18 partenaires de sept pays (France, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne, Turquie et Corée du Sud). Son but : développer de nouveaux procédés et technologies pour valoriser le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse contenus dans ces batteries et garantir une chaîne d’approvisionnement stable dans un contexte de croissance du marché. Ce projet est soutenu par l’Union européenne via « Horizon Europe » à hauteur de 10 millions d’euros sur un budget de 13 millions. Il s’appuiera notamment sur le pilote industriel construit actuellement par Orano dans ses nouvelles installations du Centre d’innovation en métallurgie extractive (CIME) sur son site de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) afin de mener les essais techniques sur le procédé d’hydrométallurgie.
« L’accès aux métaux critiques est d’ores et déjà un enjeu stratégique »
Orano Orano s'appuie sur ses connaissances en hydrométallurgie pour développer un procédé innovant de recyclage des matières critiques contenues dans les batteries lithium-ion. Photo: Orano

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Un premier programme de recherche et développement dans le cadre du consortium « RecyVaBat » avait été lancé, en 2020, en partenariat avec les industriels français Saft, Paprec, MTB Manufacturing et le CEA-Liten à Grenoble. Il vise à mettre au point un procédé innovant de recyclage des batteries avec un taux de recyclage très élevé et bas carbone. « RecyVaBat » est soutenu à hauteur de 6,1 millions d’euros dans le cadre du plan France Relance et bénéficie d’une subvention de la Région Nouvelle-Aquitaine de 334 000 euros.
Le recyclage des batteries de véhicules électriques est un enjeu essentiel pour préserver l’environnement car il limite l’impact sur la ressource. Par ailleurs, il contribue à l’autonomie française et européenne en matières stratégiques. « La demande européenne en véhicules électriques et donc en batteries lithium-ion devrait connaître une croissance dépassant les 500 GWh d’ici 2028 voire les 1000 GWh en 2030, anticipe Didier David, directeur du projet recyclage batteries. Or, les ressources ne sont pas infinies et l’accès aux métaux critiques est d’ores et déjà un enjeu stratégique. Orano, avec son expérience du recyclage des matières valorisables, entend contribuer à l’économie circulaire du cycle de la batterie électrique et à la sécurité d’approvisionnement de ses clients demain. »



