Objectif 100% fibres pour Tetra Pak

Le leader de la brique alimentaire ambitionne de supprimer complètement l’aluminium puis le polyéthylène de ses emballages d’ici à… 2040. -

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Ligne Tetra Stelo Aseptic
Lait Fairebel en brique Tetra Stelo Aseptic Edge, à 87% en matériaux d'origine végétale.

Une brique tout en carton dans les rayons ? C’est l’objectif de Tetra Pak, le leader de la spécialité. Mais elle ne verra sans doute pas le jour avant 2030, voire 2040. Ce n’est pourtant pas faute d’investir : sur les 500 millions d’euros qu’il consacre chaque année à la recherche et développement, il en affecte au moins 100 millions à la durabilité et à l’amélioration du recyclage de ses emballages. « L’évolution ne peut être que progressive, explique Chakib Kara, directeur général de Tetra Pak France et Benelux. Remplacer l’aluminium puis le polyéthylène (PE) ne doit pas affecter la sécurité alimentaire ni perturber le recyclage. »

Suppression de l'aluminium

Déjà, des progrès sensibles ont été réalisés. Depuis 2014, la brique Tetra Rex est disponible en version 100% d’origine végétale, avec du PE issu d’une production durable de canne à sucre. Ce plastique, fourni par le brésilien Braskem et certifié par Bonsucro, est de plus en plus largement utilisé dans les modèles pour produits frais comme ceux, aseptiques, pour produits « ambiants ». La suppression de l’aluminium dans les emballages aseptiques est expérimentée depuis deux ans. L’un des enjeux est de réduire l’empreinte carbone de 25 à 30%. Son industrialisation est promise pour 2023. Cependant, Tetra Pak ne révèle rien de la solution de substitution mise au point.

PE chimiquement recyclé

Pour le PE, l’industriel travaille également sur la piste de l’incorporation de matière première issue du recyclage chimique. Il a déjà présenté des prototypes en intégrant 10%, grâce à une collaboration avec le pétrochimiste Ineos et l’organisation indépendante Roundtable on Sustainable Biomaterials (RSB), et l’usine française de Dijon (Côte-d’Or) devrait sortir ses premiers exemplaires dans les prochaines semaines. « Nous aurons ainsi l’assurance absolue d’utiliser un matériau qui n’entre pas en concurrence avec des ressources alimentaires, indique Chakib Kara. La difficulté tient plutôt à obtenir à terme une matière ségréguée plutôt que résultant d’un équilibre massique. » Tetra Pak tient également à ce qu’aucune discrimination ne soit introduite dans la collecte au fil des avancées. « Ne défaisons pas le flux qui existe déjà », demande le dirigeant. Ainsi, en 2030, la brique sera « renouvelable, recyclable et "zéro carbone" », déclare-t-il.

Coopération

Quant à la solution à 100% à base de fibres, le groupe d’origine suédoise coopère avec trois leaders du carton, Stora Enso, Klabin et BillerudKorsnäs, pour y parvenir. Ce partenariat, qui s’étend jusqu’à l’amélioration des pailles en papier, vise à « créer l’emballage le plus durable au monde, celui qui garantit la sécurité et la disponibilité des aliments tout en réduisant son impact sur la planète », selon l’affirmation des communicants de Tetra Pak. En France, son aboutissement permettra aussi à la brique de sortir du périmètre des emballages plastique à usage unique, voués à disparaître en 2040. Le seul composant en plastique qui subsistera sera alors le bouchon. Mais il est déjà en matière d’origine végétale. En outre, la version attachée est prête. Chakib Kara est d’ailleurs fier d’avoir obtenu sa production dans l’usine de Châteaubriant (Loire-Atlantique), avec un investissement de 100 millions d’euros à la clé. « Parce que, au sein du groupe, la France est un pays moteur dans la transition écologique et l’innovation », conclut-il.

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