Le site Novo Nordisk de Chartres est habitué aux annonces. En début d'année, l’installation de Novo à Chartres accueillait Roland Lescure, ministre délégué à l’industrie, à l’occasion d’une annonce d’investissement de 130 M€. Mais l’usine a, cette fois, eu droit à un déplacement présidentiel, avec la venue d’Emmanuel Macron sur le site d’Eure-et-Loir. Il faut dire que l’investissement est de taille et rare dans l’industrie pharma hexagonale.
Le laboratoire danois s’apprête en effet à y investir 2,1 milliards d’euros supplémentaires, pour la production de ses traitements contre les maladies chroniques telles que le diabète et l’obésité. « Un montant inédit pour votre entreprise, pour l’industrie pharma en France et l’un des plus gros investissements industriels cette année », appréciait Emmanuel Macron, reçu dans les nouvelles surfaces annoncées en début d'année et transformées pour l'occasion en salle de réception géante.
« Cet investissement significatif annoncé confirme l'importance de notre site français, l'un de nos sites de production stratégiques, en tant que pierre angulaire de la croissance que nous connaissons en tant qu'entreprise », a rappelé Lone Charlotte Larsen, directrice du site de Chartres.
Dans le détail, le laboratoire prévoit d’augmenter « considérablement » les capacités de production aseptique et de produits finis du site, en plus d’une extension de l'actuel laboratoire de contrôle qualité et de l’installation de nouveaux équipements. À terme, la surface totale de l’installation sera doublée, pour atteindre 230 000 m². Au total, le laboratoire espère recruter 500 personnes supplémentaires, alors que le site emploie environ 1 600 personnes. Les premières étapes de construction ont été lancées et seront progressivement finalisées entre 2026 et 2028.
Une demande toujours plus forte sur les antidiabétiques
L’annonce d’investissement intervient dans un moment particulièrement favorable aux nouvelles molécules contre le diabète, qui gagnent aussi des approbations dans la lutte contre l’obésité.
Les deux laboratoires qui parviennent à se positionner sur ce marché, Novo Nordisk, avec son sémaglutide, et Lilly, avec son tirzépatide, ne cessent d’injecter des liquidités pour faire croître leurs capacités.
Lilly vient d’annoncer un investissement massif en Allemagne pour y créer une nouvelle usine, un mois après avoir dédié une enveloppe de 160 M€ à son site alsacien de Fegersheim (Bas-Rhin). Novo Nordisk a aussi massivement investi dans son propre outil de production avec 5,6 Mrds € injectés au Danemark pour soutenir la fabrication de ses nouveaux antidiabétiques. « Nos investissements continus dans nos sites de production à travers le monde montrent que nous croyons en notre portefeuille de produits actuel et futur et en sa pertinence pour les personnes atteintes de maladies chroniques graves », a ajouté Henrik Wulff, executive vice president, Product supply, Quality & IT, Novo Nordisk.
Avec 2,1 Mrds € investis à Chartres, le site français tire son épingle du jeu. Une étape supplémentaire pour un site qui n’a cessé de grandir au point de doubler de taille en dix ans. « J’avais visité le site, il y a sept ans, comme ministre de l’Économie. J’en garde un formidable souvenir, mais beaucoup de choses ont changé », rappelait Emmanuel Macron. Avec ce nouvel investissement, le visage et la dimension du site devraient être encore bouleversés dans les années à venir.



