Le 17 juillet dernier, une centaine de personnes manifestait devant le site Novalix, situé au cœur du parc d’activités Biocitech à Romainville (Seine-Saint-Denis). En cause : un projet de plan social, qui concernerait 78 salariés sur les 115 que compte le centre de R&D.
« Pour l’instant, on nous parle de licenciements secs, sans aucun projet de reclassement prévu pour les personnes concernées », déplore Kamel Brahmi, responsable de l’union departementale de la CGT 93. Une colère qui monte, seulement deux ans après la reprise du centre de R&D par Novalix.
La CGT dénonce des « tambouilles financières »
Spécialisé dans la recherche contre le cancer, le centre de R&D est propriété de Novalix depuis juin 2023. La CRO alsacienne l'avait ainsi récupéré auprès de Galapagos, une multinationale belge devenue le principal client du site.
La cession était par ailleurs assortie d'un certain nombre de conditions. « Galapagos s’était engagé à sous-traiter avec Novalix jusqu’en 2028, tandis que Novalix ne devait pas faire de licenciement économique pendant trois ans », explique Kamel Brahmi.

Mais le groupe belge, côté en Bourse est depuis revenu sur ses promesses et a rompu le contrat avec Novalix en juin dernier, évoquant des « évolutions actionnariales ayant conduit à un changement radical de sa stratégie. »
Un revirement de cap difficile à encaisser d'après la direction de Novalix, qui se dit « contrainte de redimensionner le site de Romainville », dont 95 % de l'activité dépendait du contrat avec Galapagos
La CGT qualifie cette décision de « tambouilles financières » et accuse Galapagos d’« un coup de billard capitaliste qui revient à se laver les mains de ses obligations concernant la sauvegarde de l’emploi. »
Des négociations sont en cours
Pour faire bouger les choses, les syndicats cherchent à faire entendre leurs voix. « Avec le soutien d’élus locaux et de parlementaires, nous voudrions interpeller les pouvoirs publics pour assurer la pérennité du site de Biocitech car si Novalix tombe, c'est tout le pôle de recherche qui est menacé », ajoute-t-il.
Novalix est en effet la plus grande de la dizaine d’entreprises du parc d’activités Biocitech, qui emploie près de 200 personnes. Le site Biocitech a par ailleurs déjà connu plusieurs reprises. Délaissé par Sanofi dans les années 2010, il abritait auparavant les laboratoires Roussel Uclaf, producteurs de corticoïdes et d’antibiotiques.
Une procédure de médiation est actuellement en cours entre Galapagos et Novalix. Ce dernier affirme avoir « bien conscience de l'impact [de ce plan social] pour les salariés concernés » et soutient que, dans le cas où il était finalement mis en oeuvre, Novalix « mettrait en place des mesures d’accompagnement négociées avec les représentants du personnel ». La CRO alsacienne a également indiqué qu'elle conserverait certaines expertises à Biocitech, malgré la réduction des effectifs, dont la pharmacologie et le Compound Management.
Pourtant, les délais nécessaires au déroulement d'une procédure de médiation laissent peu d’espoir aux employés de Novalix. « Galapagos sera sûrement contraint de verser à Novalix une compensation financière pour rupture de contrat, mais elle arrivera probablement longtemps après le plan de licenciement », se désole Kamel Brahmi.
Une injustice pour la CGT, qui dénonce par ailleurs les aides publiques perçues par les deux industriels. « Même si les montants ne sont pas officiellement connus, nous savons que Galapagos et Novalix se sont nourris d’argent public pendant des années avec les crédits d’impôts-recherche », ajoute le syndicaliste. La CGT réclame notamment le remboursement des crédits d’impôts-recherche perçus par Galapagos pour contraindre le groupe belge à respecter ses engagements. Une exigence qui a trouvé écho auprès d'Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis, présente lors du rassemblement.



