Elon Musk fait de nouveau parler de lui. Mais cette fois-ci, pas pour ses coups d'éclats sur Twitter. Il a annoncé mercredi 30 novembre que sa start-up Neuralink, qui développe des puces cérébrales, allait débuter les essais sur l’humain dans six mois. L'entreprise a mené des tests controversés sur les animaux ces dernières années tout en cherchant à obtenir l'autorisation de l'autorité sanitaire américaine, la Food and Drug Administration (FDA), pour commencer des essais cliniques chez l'homme.
«Nous souhaitons être très prudents et sûrs que cela marchera avant d'implanter un dispositif chez un humain, mais nous avons soumis la plus grande partie de nos documents à la FDA et nous devrions probablement pouvoir télécharger Neuralink chez un humain dans environ six mois», a déclaré Elon Musk lors d'un événement organisé pour présenter l'avancée du projet.
Une annonce à prendre avec des pincettes
Lors de son dernier événement public, il y a plus d'un an, Neuralink avait présenté un singe, dans le cerveau duquel une puce avait été implantée, jouant à un jeu vidéo uniquement grâce à son esprit. Elon Musk a lancé la start-up en 2016 avec l'ambition de développer des technologies qui permettraient, à terme, aux personnes paralysées de retrouver leurs fonctions motrices, et de soigner des maladies comme Parkinson ou Alzheimer. Les travaux de Neuralink visent aussi à faire avancer les ambitions transhumanistes de son célèbre fondateur. Ainsi, Musk a évoqué l’idée de stocker des souvenirs dans l’implant afin de les transmettre ensuite à un robot.
Sa déclaration reste à prendre avec des pincettes. L’homme d’affaires a pour habitude d’annoncer des délais que ses entreprises ne respectent pas, en particulier chez Tesla. Il avait également estimé à 2020 le début des essais de Neuralink sur les humains, une date aujourd'hui totalement dépassée. Pendant ce temps, de l’autre côté du Pacifique, la start-up australienne Synchron a implanté un dispositif similaire sur plus de 70 patients et a pu, grâce à l'autorisation de la FDA, réaliser son premier essai sur un cerveau humain aux États-Unis en juillet 2022.De quoi faire de l’ombre à Neuralink…
Avec Reuters (Reportage Rachael Levy; version française Camille Raynaud)


