Pour minimiser les risques du passage à l'échelle, Néolithe mise sur une usine intermédiaire

[Objectif première usine 4/8] Pour les start-up industrielles, fabriquer un produit basé sur une technologie innovante dans une nouvelle usine est un défi colossal. Retour d'expérience de huit entreprises. Le modèle de Néolithe, spécialiste de la transformation des déchets ultimes en granulats, consiste à multiplier les usines intermédiaires, au plus près des centres de tri, afin d'éprouver ses procédés.

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Néolithe transforme les déchets non recyclables en granulats par fossilisation.

«Nous avons un site pilote et une usine de taille intermédiaire. Cette dernière est un outil précieux pour éprouver nos procédés.» Voici, d’après son directeur des affaires publiques, Quentin Laurens, l’une des clés de la stratégie de Néolithe pour réussir son industrialisation. Fondée en 2019, cette pépite transforme les déchets ultimes – c’est-à-dire non recyclables et non dangereux, pour la plupart issus de l’industrie et de la déconstruction – en granulats pour la construction.

Elle prévoit d’ouvrir en Anjou, en 2026, sa première usine à l’échelle, d’une capacité de 100 000 tonnes de granulats par an. Elle devrait être suivie dès l’année suivante par deux autres usines à l’échelle. Car le modèle de Néolithe s’appuie sur une multiplication de sites au plus près des centres de tri et de ses clients. Aujourd’hui, c’est dans son usine intermédiaire, d’une capacité de 10000 tonnes par an, située à Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire), que la start-up cherche à minimiser les risques du passage à l’échelle. «Ce site nous permet de tester des machines et leurs paramètres, de vérifier nos hypothèses de débits», détaille Quentin Laurens.

Une quinzaine d'étapes dans le processus industriel

Pour transformer les déchets en cailloux, Néolithe a choisi de s’appuyer sur des technos déjà existantes, mais venues d’autres secteurs. L’enjeu consiste donc à vérifier leur bonne transposition dans l’industrie du déchet et leur bonne intégration dans le processus, qui comporte une quinzaine d’étapes (broyage, surtri de la matière, malaxage, extrusion...). «C’est la combinaison de toutes les étapes, qui ont chacune leur fonctionnement et débit, qui fait qu’à la fin, on sera opérationnel et compétitif», affirme le responsable.

Mais gérer le risque industriel n’est pas qu’une question de machines et de procédés à harmoniser. «Il faut entamer très en amont la structuration des équipes. Nous avons recruté les compétences nécessaires à la construction de notre première usine deux ans avant le lancement du chantier.» Une référence au directeur général adjoint, arrivé en janvier 2024, après seize ans chez Veolia, où il a notamment piloté des centres de tri des déchets. Et au directeur projet et travaux neufs, venu de l’industrie automobile. «On voit vraiment la plus-value de ces profils expérimentés.»

Couv 3740
Couv 3740 Couv 3740

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3740 - Mars 2025

Lire le sommaire

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs