Alors que les demandes d'hébergement touristique sur l'eau ont le vent en poupe, l'offre disponible sur le marché du neuf est quasi inexistante. C'est une des raisons qui a poussé Jean-Marc Salpetrier à créer Kayflô ("Kay" signifie maison en créole). Après huit années de développement, l'entreprise martiniquaise a mis à l'eau fin septembre à La Rochelle (Charente-Maritime), un prototype de maison-bateau, Stay-Ô, qui sera présenté lors du salon nautique Grand Pavois avant d’être rapatrié en Martinique pour une exploitation touristique.
Kayflo Le prototype de Stay-Ô mis à l'eau début septembre à La Rochelle (photo Kayflô)
Affichant une surface de 107 m², avec 2 cabines, le prototype fabriqué en partenariat avec le chantier naval Kaori Concept de Machecoul Saint-Même (Loire-Atlantique) va à l'encontre des règles de construction d'un bateau classique. «Un navire est conçu pour naviguer en consommant le moins d'énergie, les espaces de vie sont petits, les réserves d'eau réduites… Nous, c'est l'inverse, avec des chambres spacieuses dotées de grandes fenêtres et de l'eau à volonté», met en avant Jean-Marie Jeunehomme, cogérant de la société.
Une première usine attendue en 2025
Conscient de la fragilité des espaces sur lesquelles reposeront les bateaux, les concepteurs ont travaillé sur un produit autonome et écologique. Aussi, évitant les bois exotiques, les structures du prototype font appel au contreplaqué de bouleau. Quant à l'isolation, elle consiste en du liège projeté. Pour la partie sanitaire, les ingénieurs ont misé sur l'eau pluie qui est récupérée et stockée. Les eaux usées sont traitées avant d'être réinjectées dans le circuit évitant ainsi les rejets dans le milieu marin. Quinze panneaux solaires et deux éoliennes assurent la production d'électricité. «Notre produit, commercialisé à partir de 650 000 euros, s'adresse aux professionnels de l'hôtellerie et du tourisme, le marché du particulier n'est pas encore prêt», pointe le dirigeant.
L'ouverture d'une première usine d'assemblage est attendue en Martinique en 2025. L'activité démarrera avec six salariés pour une production de 4 à 8 pièces par an. La production à terme devrait atteindre une quinzaine de bateaux avec une vingtaine de salariés. «En fonction de la demande, nous nous appuierons sur des chantiers navals partenaires à travers le monde afin d'être au plus près de la demande ; nous en avons déjà un en Bretagne», conclut le cogérant.




