L’usine Naval Group de Nantes-Indret (Loire-Atlantique), spécialisée dans les appareils propulsifs, change littéralement de dimension pour le porte-avions français de nouvelle génération (PANG). Le nouveau design de ce projet de 5 milliards d’euros a récemment été présenté lors du salon Euronaval par MO Porte-avions, société détenue par Naval Group (65%) et les Chantiers de l’Atlantique qui assurera la construction de ce navire devant remplacer le Charles de Gaulle en 2038.
Livraison aux Chantiers de l'Atlantique en 2032
Cela impliquera 100 millions d’euros d’investissements pour le site d’Indret sur la période 2020-2028. Un immeuble tertiaire de 8 000 m² a été livré cette année pour accueillir 600 salariés de l'ingénierie et du bureau d'études. Une autre partie du site sera détruite début 2023 pour rebâtir 10 000 m², un espace industriel dimensionné pour le PANG. C’est là que seront montées les deux chaufferies nucléaires K22 hautes de 10 mètres. Les bâtiments actuels s’avéraient trop petits pour accueillir de telles structures. Rappelons que le PANG affichera 70 000 tonnes, contre 45 000 pour le Charles de Gaulle.
Le bâtiment permettra également d’assurer le montage des systèmes propulsifs des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), ou S3G, dont la première unité doit être livrée en 2036. Une autre nef est réaménagée et agrandie de 2 000 m² pour accueillir l'usinage PANG et S3G. Elle sera livrée mi-2023 et permettra d’accueillir un plateau d’usinage plus important, la capacité de levage du précédent étant limité à 100 tonnes, alors que les cuves du PANG pèseront le double. Sur la partie essais, deux nefs restent également à remettre à niveau pour tester les groupes conversion du PANG et les appareils propulsifs du S3G. Cette tranche sera en partie financée par l’Etat dans le cadre de la loi de programmation militaire (PLM).
L’usinage des premières pièces du PANG et de S3G a déjà commencé, car il s’agit de qualifier les matériaux très en amont, sachant que les chaufferies de l’appareil propulsif du PANG devront être livrées en 2032. Transportées par barge sur la Loire, elles rejoindront les Chantiers de l’Atlantique pour être intégrées à la coque. Le porte-avions devant être livré en 2036, pour être mis en service en 2038 à l'issue des essais.
La fabrication additive monte en puissance
Le site investit parallèlement dans des process de fabrication additive qui pourraient permettre de fabriquer certains éléments du PANG ou des sous-marins S3G si le client, la Marine nationale, l'accepte. Les équipes d’Indret sont bien avancées sur le sujet depuis la première hélice montée en 2021 sur le chasseur de mines l’Andromède. La technologie pourrait aussi être utilisée sur des pièces de la chaufferie nucléaire des deux programmes. Le site dispose désormais de trois machines de production additive, celle ayant servi pour l’Andromède pouvant désormais être utilisée en série.
Le site d’Indret, qui est globalement impliqué dans une vingtaine de programmes, compte à présent 1 600 salariés et continue à recruter 150 personnes par an environ. Un tiers de l’effectif a été renouvelé en quatre ans pour suivre un plan de charge en croissance qui atteint désormais 2 millions d’heures par an. A lui seul, le PANG représentera 10 millions d’heures sur 15 ans, le point culminant étant attendu en 2027-2028. 600 salariés seront alors mobilisés sur ce seul projet.



