C’est un vaste chantier qui se profile à l’entrée Est de Nantes (Loire-Atlantique), sur le site de la prairie de Mauves. Nantes Métropole va investir 366 millions d’euros d’ici à la fin de la décennie dans le redimensionnement de ses infrastructures de traitement des déchets et des effluents. Ce projet de «pôle d’écologie urbaine» entre en phase de concertation auprès du grand public, du 25 septembre au 20 décembre 2023. Les premiers travaux sont envisagés en 2026.
Nouvelle délégation de service public
La part la plus importante (250 millions d’euros) sera dédiée à la reconstruction, d’ici à 2031, du Centre technique de valorisation des déchets Alcea. Ses capacités seront portées de 150 000 tonnes par an à 270 000 tonnes afin d’accueillir, en plus des ordures ménagères de Nantes Métropole, tout ou partie des déchets ménagers résiduels de sept collectivités alentours.
Une partie des boues des stations d'épuration de Nantes Métropole et 30 000 tonnes de déchets tiers, dont 6 000 tonnes de déchets d'activité de soins à risques infectieux seront traitées par cette usine. Le site actuel est géré par le groupe Séché Environnement dans le cadre d'une délégation de service public qui s’achèvera en 2024. La prochaine délégation de service public englobera les travaux de reconstruction, avec l’appui d’une subvention d’équipement d’un montant maximal de 147 millions d’euros, et l’exploitation du site pour 20 ans.
Réduire les ordures ménagères
Une enveloppe de 8,5 millions d’euros sera dédiée à la réhabilitation et l’extension de la déchèterie de Nantes, pour développer les filières de tri et favoriser la valorisation matière. Le projet comprend également, pour 30 millions d’euros, la construction d'une plate-forme pour valoriser localement les biodéchets provenant des apports de déchets verts des habitants de Nantes Métropole en déchèteries et les déchets alimentaires, ce qui contribuera à réduire les ordures ménagères résiduelles. Le projet réserve également 71 millions d’euros à la construction d'une station d'épuration pour l'équivalent de 100 000 habitants à l’horizon 2035 et son extension à une capacité de 150 000 habitants en 2050. Ce pôle, dans son ensemble, générera en outre plusieurs sources d’énergie aux réseaux de chaleur, en biogaz et en photovoltaïque.
Pour Robin Salecroix, vice-président de Nantes Métropole, l’ampleur du projet tient à de multiples enjeux, «réglementaires, environnementaux, collectifs, puisqu’il inclut d’autres collectivités, tout en jouant sur l’interaction des activités regroupées sur le site.» Ces équipements s’avèrent nécessaires, selon la collectivité, pour «faire face à une perspective d’augmentation démographique de 14 à 18% par rapport au nombre d’habitants recensés en 2019» (662 000) et pour améliorer la valorisation des déchets en se conformant à la réglementation, et notamment à la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. En 2020, la production de déchets ménagers et assimilés, hors déchets inertes, s’est élevée à 400 kilos par habitant. Objectif pour 2030 : ramener cette part à 356 kilos et atteindre un taux de valorisation de 65%, lequel avait été initialement annoncé pour 2025.



