Aucune autre unité de ce type n’existe au monde, affirme le groupe Séché Environnement. À Saint-Vulbas (Ain), sa filiale Trédi (150 salariés) a mis en place une solution inédite de recyclage de brome. Laquelle valorise des déchets industriels qui étaient jusqu’alors incinérés, réduit drastiquement son bilan carbone et ses besoins en eau et produit du brome utilisable par les industries chimiques et pharmaceutiques. L’aventure a démarré en 2015, après trois ans de travaux de R&D.
Le brome est un intermédiaire de synthèse utilisé dans de multiples procédés chimiques, avec une fin de vie dans les saumures bromées, déchets aqueux contenant des sels de brome et des molécules organiques. Les différents producteurs mondiaux, concentrés aux États-Unis, en Israël, en Jordanie, en Chine et en Inde, l’extraient à partir d’eau de mer et de lacs salés. Trédi a quant à lui mis au point une technique très différente. Il régénère cet actif à partir de saumures qu’il brûle dans un four à 900°C, alimenté par des huiles et des solvants usagés qu’il collecte.
Cinquième fournisseur mondial de brome
Le procédé permet de détruire les contaminants organiques et de récupérer les particules de brome, lesquelles sont ensuite lavées et purifiées. L’industriel avance des résultats remarquables : un taux de récupération de 99%, des émissions de CO2 divisées par 20 par rapport à du brome vierge, et une consommation d’eau passée de 15000 à seulement 5 m3 pour produire une tonne d’actif recyclé.
Mieux, Trédi a démarré au printemps le projet Maxibrome en ajoutant au système un procédé d’air enrichi d’environ 5% d’oxygène lors de la combustion, grâce auquel les émissions de CO2 ont baissé d’encore 30% et la capacité augmenté de 60%. Sur le site de Saint-Vulbas, les volumes de traitement de saumures sont passés de 15000 à 23000 tonnes par an, pour une capacité de production d’environ 4500 tonnes par an de brome. Ce qui représente le tiers de la demande française.
Au total, Trédi a investi 12 millions d’euros dans ce projet d’économie circulaire qui a permis de «sortir de notre seul statut de traitements de déchets industriels pour devenir aussi producteur», se réjouit Frédéric Hummel, le directeur du site. L’usine sert aujourd’hui des clients français et européens. Cerise sur le gâteau, avec ce projet industriel, Trédi s’est aussi «positionné au cinquième rang mondial de fournisseur de brome», se félicite encore Frédéric Hummel. Et ce avec le meilleur bilan carbone possible.
Les autres nommés
- Paprec Plastique 71 a étendu les capacités de son usine de recyclage de polyéthylène à haute densité (PEHD) et de Polypropylène (PP), y compris colorés.
- Tolv industrialise la conversion de véhicules thermiques à l’électrique, avec un procédé qui a nécessité cinq brevets.



