Nantes métropole achève le chantier de sa nouvelle usine d’eau au lieu-dit La Roche, en bord de Loire, à Nantes (Loire-Atlantique). Cet équipement, qui a représenté un investissement de 90 millions d’euros, a démarré en 2010. Il a en effet fallu reconstruire l'usine sur elle-même sans interrompre l’exploitation, Nantes métropole assurant en régie son système d’eau potable. L’usine alimente 85% des habitants de la métropole et la moitié de la population de Loire-Atlantique.
La nouvelle unité permettra «un traitement de l’eau plus sécurisé et adapté aux aléas climatiques induits par le bouchon vaseux», explique Johanna Rolland, maire et présidente de Nantes Métropole. Le bouchon vaseux est un phénomène naturel caractéristique des estuaires qui affecte la production en eau potable. Il se produit principalement quand les périodes de basses eaux se conjuguent avec de forts coefficients de marée. Ainsi, en 2022, Nantes avait frôlé la rupture d’approvisionnement.
Filtres à sable
La nouvelle usine est donc une réfection en profondeur d'un site existant, installé dans les années 1970. Les deux tiers des installations ont été reconstruits pour atteindre aujourd’hui une capacité de traitement garantie de 160 000 m3/jour, avec une extension possible à 200 000 m3/jour. Cinq nouveaux bâtiments ont été construits pour abriter notamment de nouveaux process techniques destinés à pérenniser la qualité de l’eau, dont une étape de décantation selon le procédé Actiflo mettant en œuvre de nouveaux filtres à sable, mais aussi un procédé de désinfection par lampes ultraviolet qui constitue une protection supplémentaire contre les parasites.
Nantes Métropole votera par ailleurs, le 28 juin, un nouveau schéma directeur de l’assainissement qui mobilisera 800 millions d’euros jusqu’à 2040. Il vise en premier lieu à adapter et fiabiliser la capacité des systèmes pour soutenir la croissance de la métropole. Il doit aussi permettre de réduire l’impact des eaux usées sur les milieux aquatiques en améliorant leur collecte et transfert. Ce plan comprend plusieurs volets industriels dont la création d’une station d’épuration de 100 000 équivalents-habitants sur le site de la Prairie de Mauves, à l’est de Nantes, d’ici à 2031. Il prévoit la mise en œuvre d’une co-incinération des boues d’assainissement sur les Unités de valorisation énergétique (UVE) Prairie de Mauves à Nantes, et Arc-en-Ciel à Couëron.
Redimensionnement
Il s’agira aussi de redimensionner 48 km de réseaux gravitaires d’eaux usées, 30 km de réseaux de refoulement, créer ou redimensionner 33 postes de refoulement et créer 32 bassins de stockage-restitution à l’horizon 2040 pour un volume total de stockage de 31 000 m3. Également au programme : la reconstruction ou réhabilitation, sous maîtrise d’ouvrage de Nantes Métropole, d’environ 5 300 branchements et de plus de 118 km de réseaux publics. Qui plus est, 8 400 branchements sous maîtrise d’ouvrage privé seront aussi à réhabiliter, reconstruire ou mettre en conformité pour mauvais raccordement ou défaut d’étanchéité.
Ce programme doit permettre de réduire de 80% les flux annuels déversés depuis les secteurs de collecte séparative des eaux usées vers les milieux aquatiques. Il permettra de produire, sur la base des gisements de boues, environ 40 GWh/an de biométhane à partir des stations d’épuration (équivalent 2 900 foyers), dont un quart au bénéfice du service d’assainissement. La valorisation thermique par co-incinération fournira 18 GWh/an supplémentaires.



