Il y a du mouvement du côté des activités françaises de Mondelez. Le groupe américain propriétaire de la marque de biscuits Lu depuis 2007 a annoncé mercredi 31 janvier la réorganisation de sa production en France. Il va fermer son usine de Château-Thierry, dans l’Aisne, et rapatrier la production de Figolu, jusqu’ici réalisée outre-Manche, à la Haie-Fouassière, en Loire-Atlantique, le berceau de Lu. Des décisions que l’industriel justifie par «une inflation des coûts sans précédent ainsi qu'à une concurrence croissante des produits alimentaires de marques de distributeurs» et la nécessité de «sauvegarder sa compétitivité en France dans un contexte inflationniste». Le volume de production global de Lu en France doit être maintenu.
Le site de Château-Thierry, où la production doit être progressivement stoppée d’ici fin 2025, serait moins rentable et trop coûteux à moderniser car trop ancien, selon Mondelez, propriétaire de 12 sites dans l’Hexagone qui emploient 3 000 salariés, dont 9 dédiés à la production. «La production à Château-Thierry coûte en moyenne deux fois plus cher que les autres sites du groupe dans le reste de l'Europe, sans perspective d'amélioration», affirme-t-il.
10 millions d'euros d'investissement à la Haie-Fouassière
Des solutions de reclassement interne seront proposées à la soixantaine de salariés. «Au total, à horizon mi-2026, le projet prévoirait la suppression de l’ensemble des 61 postes permanents à Château-Thierry et la création de 27 postes à La Haie-Fouassière. S’ils se portaient volontaires, les postes créés seraient proposés en priorité aux collaborateurs de Château-Thierry», écrit le géant de l’agroalimentaire dans un communiqué.
Car Mondelez compte en revanche booster la production de son usine de la Haie-Fouassière. Il prévoit d’y rapatrier une partie des activités du site de Château-Thierry (les biscuits Pépito, entre autres) mais également la fabrication des Figolu, ces gâteaux fourrés à la figue. Pour cela, il investira 10 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production ainsi que dans une nouvelle ligne de conditionnement.
De solides résultats en 2023
Mondelez, qui possède également Milka, Oréo ou encore Toblerone, a présenté de solides résultats pour l’année 2023 le 31 janvier. Il a vu ses ventes croître à travers le monde de 14,4% et son bénéfice net exploser de 82,5% pour s’établir à 4,95 milliards de dollars. Si sa croissance a frôlé les 40% en Amérique latine, elle n’a été que de 14,4% en Amérique du Nord et de 12,6% en Europe. Sur le continent, l’agroindustriel a choisi de se recentrer sur les biscuits après avoir abandonné son activité café (Carte Noire cédé en 2015) et diminué progressivement ses activités confiserie et chocolat. Le fonds d’investissement français Eurazeo lui a racheté entre autres en 2017 les marques Malabar, Carambar, Krema, Poulain et Rocher Suchard.



