[Mobil'Idées] Pour le climat, développer le transport ferroviaire... quoi qu'il en coûte

Les acteurs du ferroviaire, réunis à Paris le 21 février, ont demandé "un effort important" pour le développement du rail, sans le chiffrer précisément. Ils peuvent s'inspirer des préconisations d'un rapport de trois associations paru à l'automne 2021.

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TGV Réseau
«A distance équivalente, un trajet en train émet 100 fois moins de CO2 que le même trajet en avion et jusqu’à 40 fois moins de CO2 que le même trajet en voiture», rappelle un rapport d'une coalition pour le climat. mais les investissements dans le réseau et les rames ne suit pas nécessairement.

Les acteurs du rail, réunis lundi 21 février pour le "sommet ferroviaire européen" à Paris, l'ont rappelé : le développement du train nécessite un "effort important". Il faut de la volonté politique, au niveau national et européen, mais surtout... de l'argent. Les associations Réseau Action Climat, la Fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement l'avaient déjà rappelé dans un rapport publié à l'automne. Ils estimaient que trois milliards d'investissements supplémentaires dans le train étaient nécessaires chaque année si la France voulait respecter sa Stratégie nationale bas carbone. Celle-ci prévoit une augmentation du trafic ferroviaire de 27% d’ici 2030 et de 79% d’ici 2050.

Certes, 4,7 milliards d'euros ont été débloqués en septembre 2020, dans le cadre du plan «France Relance». Mais seuls 650 millions ont été fléchés vers de nouveaux crédits d’investissement, le reste servant à éponger la dette de la SNCF liée à la crise sanitaire. Le rapport de la coalition pro-climat note un «doublement des investissements annuels entre 2010 et 2014», mais constate une stagnation depuis 2016. La mise à jour de l’audit de l’état du réseau réalisé en 2018 va dans le même sens, en rappelant que «la France investit sensiblement moins sur son réseau que la moyenne européenne». 

Investir avant tout dans le réseau existant

Le remède est connu. Les trois associations préconisent d’investir trois milliards supplémentaires par an jusqu’en 2030. 500 millions doivent aller au réseau existant, pour désaturer le trafic, et 700 millions à la préservation des petites lignes, très menacées. Le rapport du préfet Philizot, remis en février 2020 au gouvernement, estime que 6,4 milliards d’euros restent à engager d’ici 2028 pour améliorer la desserte des plus petites villes, faute de quoi, plus de 4 000 kilomètres de voies pourraient fermer, soit 40% du réseau. 

Les militants demandent également 200 millions par an pour moderniser et développer le réseau, conformément aux préconisations du rapport Duron, que n’avait pas tout à fait suivi le gouvernement. La Loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 validait ainsi 28 milliards d’investissements entre 2018 et 2027, contre 30 milliards requis sur cette période dans le scénario intermédiaire selon le rapport Duron. Celui-ci préconisait notamment de doter les grandes villes de RER pour améliorer des nœuds ferroviaires vétustes. 

150 millions d’euros sont par ailleurs requis pour les trains de nuit, même si les auteurs du rapport reconnaissent que la question des travaux d’entretien, qui ont généralement lieu la nuit, «rend complexe la programmation d’un service régulier de trains de nuit longue distance». La relance du fret ferroviaire nécessiterait, elle, pas moins d’un milliard et demi d’euros. Le rapport souligne enfin que les transports les plus polluants jouissent d’avantages fiscaux importants, comme les exonérations fiscales pour le kérosène ou le gazole, dont pourrait bénéficier le train. Aux candidats à l'élection présidentielle de se saisir (ou pas) de cette feuille de route !

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