Micropep lève 27 millions d'euros pour continuer le développement de ses alternatives aux pesticides traditionnels

La jeune pousse Micropep née à Toulouse a bouclé un nouveau tour de table de 27 millions d'euros fin juillet. Une somme qui lui permettra de poursuivre ses efforts de développement de ses alternatives aux pesticides traditionnels, mais surtout de nouer des partenariats pour la future distribution de ses solutions avec les grands acteurs des phytosanitaires. 

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FV - Micropep
Micropep a développé un fongicide à base de microprotéines.

Nouveau tour de table pour Micropep. L'entreprise qui cherche des alternatives aux pesticides traditionnels depuis sa création en 2016 à Toulouse a récolté 27 millions d'euros, portant ainsi le total des fonds levés à près de 50 millions d'euros depuis son lancement. L'annonce a été officialisée fin juillet. La biotech identifie et développe des micropeptides, de minuscules protéines présentes dans les plantes qui permettent de réguler l'expression des gènes de ces dernières sans en modifier l'ADN. Ces peptides peuvent renforcer le système immunitaire d'une plante lors d'une attaque ou à l'inverse réduire la croissance d'autres, comme les mauvaises herbes. 

Trouver des partenaires pour le développement

Jusqu'ici, Micropep a surtout développé un fongicide, à classer donc du côté des solutions de biocontrôle. Il pourrait être, quand l'entreprise aura obtenu les autorisations de mise sur le marché – pas avant 2025 aux Etats-Unis et 2027 en Europe – utilisé en grandes cultures, pour combattre la rouille qui attaque le soja ou encore le mildiou qui ravage les cultures de pomme de terre. L'entreprise annonce un taux d'efficacité nettement supérieur à la moyenne des solutions de biocontrôle tout en ciblant un prix de commercialisation analogue aux produits phytosanitaires conventionnels. La reconnaissance il y a quelques mois de sa solution comme produit de biocontrôle par les autorités américaines donne des gages quant à la faible toxicité du produit. 

Pour l'instant Micropep ne produit rien en propre. La start-up pourrait être tentée d'internaliser la production du principe actif dans les prochains mois, lorsqu'elle y verra plus clair sur ses perspectives. L'entreprise planche sur le processus d'industrialisation qui lui permettra de commercialiser son produit à l'échelle. Elle recherche des partenaires, que ce soit pour réaliser le produit final (elle ne fournirait que le principe actif) ou simplement trouver un réseau de distribution pour faire parvenir sa solution aux agriculteurs. La levée de fonds est donc principalement concentrée sur le développement, même si les efforts de recherche, notamment pour la mise au point d'un bioherbicide, ne sont pas abandonnés. 

Un appel aux géants de la chimie

Reste à trouver les bons partenaires. «Il y a un appétit énorme des géants de la chimie comme BASF pour faire évoluer leur portefeuille de solutions, confie, optimiste, Edouard Combette, directeur d'investissement chez Bpifrance. Que ce soit pour des raisons réglementaires, avec un nombre d'interdictions croissant de produits conventionnels, ou pour des raisons de performance au champ, les molécules traditionnelles rencontrant des résistances.» C'est d'ailleurs auprès d'un des acteurs bien implantés de la chimie que Micropep pourrait jouer son avenir. La banque publique ne ferme pas à la porte à un rachat. 

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