La saignée dans les effectifs se poursuit. Le groupe Michelin annonce ce 6 janvier la mise en œuvre d’un « plan de simplification et de compétitivité renforcé ». En d’autres termes, le leader mondial du pneumatique a décidé d’alléger singulièrement ses effectifs français à horizon trois ans, en appelant le personnel à des départs volontaires.
«Cela pourrait signifier d’ici trois ans une réduction de postes pouvant aller jusqu’à 2 300. Jusqu’à 1.100 postes pour le tertiaire, jusqu’à 1 200 postes pour l’industrie», explique Michelin. Près de 60% des départs envisagés se feraient sur la base de départs anticipés à la retraite et le reste par des départs volontaires accompagnés. Le groupe envisage une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5% par an pour les activités tertiaires ; et pour l’industrie, jusqu’à 5% par an, chiffre qui peut varier selon l’activité du site et son exposition à la concurrence.
« Nous sommes abasourdis »
Comme nous l’écrivions il y a un an, après l’annonce de la fermeture de l’usine de La Roche-Sur-Yon, Michelin a décidé de se délester d’une part significative de ses salariés en Europe. Cette fois-ci, le plan toucherait un peu plus de 10% des effectifs du groupe (21 000 salariés en France). Une coupe sombre qui arrive après celle de la Roche-sur-Yon (Vendée) en 2019 (619 départs salariés) et au-delà des frontières hexagonales la fermeture de Bamberg (858 salariés) en Allemagne, et Dundee en Ecosse (845 personnes) début 2020.

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«Nous sommes abasourdis, commente Laurent Bador, délégué CFDT Michelin. Cette annonce s’est faite sans concertation. Autant nous étions préparés à la suppression de postes dans le tertiaire, autant la suppression des postes industriels est un vrai choc. Les usines tournent à plein régime. On a recours aux intérimaires pour tenir les cadences et on nous explique qu’il faut tailler dans les effectifs ?».
Evolutions stratégiques
Depuis une dizaine d’années, Michelin est confronté à de profondes transformations structurelles du marché mondial du pneumatique, marqué notamment par l’arrivée massive de produits à bas coûts. «Le Groupe doit accompagner les évolutions stratégiques de ses activités pour préparer l’avenir. Il compte ainsi moderniser ses sites et renforcer son positionnement sur des pneumatiques haut de gamme et de spécialités, à haute plus-value technologique», justifie la direction.
Ce plan devrait donc s’accompagner parallèlement de « localisation en France de nouvelles activités à forte valeur ajoutée», notamment dans les domaines des services, des matériaux durables, de la transition énergétique et du recyclage. Le groupe met en avant la première usine de piles à hydrogène à Saint-Fons (Rhône), l’implantation de Carbios, une usine pionnière de la chimie verte sur l’un de ses sites clermontois (Puy-de-Dôme) ou encore son partenariat avec Pyroware, entreprise canadienne de recyclage des déchets plastiques.



