Coûts de production trop élevé, manque de rentabilité, explosion des coûts de l’énergie… Une fois de plus, le géant du pneumatique Michelin doit faire face à une situation de crise sur plusieurs fronts. Les victimes collatérales de cette situation sont, cette fois-ci, l’Allemagne et les États-Unis. «Nous confirmons que Michelin a engagé une consultation avec ses partenaires sociaux dans un contexte de pression concurrentielle croissante et d’augmentation des coûts de fabrication et de fonctionnement en Allemagne», confirme le groupe.
Ainsi les usines de Karlsruhe et Trèves devraient fermer leurs portes d’ici 2025. Le site de Homburg où sont produits des pneus neufs et semi-finis, va également réduire la voilure. Ce qui va affecter de nombreux Mosellans qui traversent la frontière pour travailler dans cette usine située dans la Sarre. Selon les syndicats d’Outre-Rhin, 1 500 postes pourraient être supprimés au total, dont 90% de CDI.
«Ces échanges entre Michelin Allemagne et ses partenaires sociaux visent à explorer tous les scénarios possibles à propos de cette situation. Aucune décision n’est prise pour le moment. Les employés Michelin Allemagne seront les premiers informés à l’issue des discussions», tranche Michelin. Mais localement nul ne doute de l'issue fatale des décisions. Le manufacturier auvergnat est présent en Allemagne depuis le début du XXe siècle. S’il emploie encore 5 400 personnes sur l'ensemble de ses sites de production, le géant mondial du pneumatique a déjà sérieusement taillé dans les effectifs de l’autre côté du Rhin. En 2015, Bibendum possédait encore six sites en Allemagne. Le dernier traumatisme a été vécu à Bamberg en 2021, où les 858 salariés avaient appris la fermeture de leur usine du jour au lendemain.
Les États-Unis aussi touchés
Mais la coupe dans les effectifs ne concerne pas uniquement l’Europe. Michelin a également annoncé, à quelques jours d’intervalle, son intention de mettre progressivement fin à ses activités de production de pneus de son site industriel d’Ardmore en Oklahoma, aux États-Unis. «Michelin s’est efforcé d’être un bon gestionnaire à tous les niveaux pour cette usine et cette communauté. L’arrêt des activités est la décision la plus difficile à prendre», admet Terry Redmile, directeur de la production de la zone Amérique du groupe Michelin.

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Cette réduction progressive devrait toucher là aussi quelque 1 400 personnes sur ce site qui produit des pneus pour véhicules de tourisme depuis 1970. «La situation n’est pas la même qu’en Europe, relativise un porte-parole du groupe. Ce n’est pas la même région et ce ne sont pas les mêmes marchés. Le site n’est pas équipé pour produire à coûts compétitifs les pneus permettant de répondre à l’évolution de la demande. Maintenir cette usine reviendrait à priver d’autres sites dans le monde qui auraient besoin d’investissement». L’arrêt progressif devrait être achevé d’ici la fin de 2025.
«L’industrie doit s’adapter»
Face à l’inquiétude montante des syndicats français quant à la réduction des effectifs du groupe dans les pays matures, la direction oppose un "principe de réalité". «La technologie évolue, les marchés changent, les clients attendent beaucoup de nous à des prix toujours plus bas, répète à l'envi Florent Menegaux, président de Michelin. Il n'y a pas de miracle ! Notre productivité est inhérente à notre activité. L'industrie doit s'adapter». Le groupe Michelin compte désormais 132 000 salariés dans le monde, dont 17 000 en France et 9 000 au siège à Clermont-Ferrand.



