Médical : avis de tempête sur le polypropylène

La multiplication des cas de force majeure compromet la production d’emballages rigides et souples pour lutter contre la pandémie. -

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Plastique en granulés

Avis de tempête sur le polypropylène (PP) : les plasturgistes spécialisés dans le secteur médical font part de leurs plus vives inquiétudes. En cause ? Emballages Magazine en a déja fait état il y a un mois, l’avalanche de forces majeures déclenchées simultanément par la pétrochimie et des cycles de maintenance décalés en raison de la pandémie. Les usines concernées seraient une trentaine… Avec pour conséquences des hausses brutales de 200 à 600 euros la tonne, des ruptures d’approvisionnement et des pénuries. Ne plus pouvoir répondre à la demande - une demande très soutenue en raison de la crise sanitaire - par manque de matières premières ? Le cauchemar de 2015 est en train de se répéter. En bien pire, à entendre de nombreux transformateurs. Les témoignages affluent : « il y a 10 jours, on m’annonçait un retour à la normale en avril, maintenant ce n’est pas avant l’été » ; « je vais bientôt être à l’arrêt, mais je ne sais pas quand je pourrai reprendre » ; « j’ai l’outil pour le faire mais pas la matière ! »

Problème de fond

Avec pour délégué général Jean Martin, Polyvia, l’union des transformateurs de polymères, avait donné l’alerte en interpellant la Direction générale des entreprises (DGE) à Bercy dès le 22 décembre 2020, puis publiquement à plusieurs reprises en janvier. Dès le 17 février, le ministre de la Santé était interpellé à l’Assemblée nationale sur une pénurie de kits de séquençage des variants du coronavirus. « Un vrai problème de fond (...). Nous disposons de deux semaines de stock dans le secteur public, de deux mois dans le secteur privé », reconnaissait Olivier Véran. L’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de mettre en garde : cônes de pipettes en PP et plaques percées nécessaires aux tests PCR risquent de manquer : « la DGE est mobilisée depuis des semaines pour lancer la production, en impression 3D, au sein d’entreprises françaises et passer des commandes à l’étranger de ces précieux cônes dont nous avons effectivement besoin. » Polystyrène (PS), acrylonitrile, phénols, butadiène et tous les polyéthylènes (PE) haute (PEhd) et basse densité (PEbd) : toutes les spécialités sont concernées à des degrés divers par les forces majeures.

Avec Fabian Tubiana (Plastiques & Caoutchoucs Magazine)

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