La certification ISCC+ ? L’outil, de plus en plus répandu au sein des entreprises qui utilisent du plastique chimiquement recyclé ou biosourcé obtenu selon un protocole de bilan massique, démontre que la traçabilité est assurée depuis la collecte des matières premières – issues de biomasse ou de déchets et résidus d’origine végétale – jusqu’au process de transformation. Chez Amcor Flexibles à Sélestat (Bas-Rhin), cette certification, obtenue au printemps 2025 pour les approvisionnements en polyéthylène (PE), va permettre « d’avoir un coup d’avance sur le marché pour proposer à nos clients des produits différenciés et plus vertueux pour l’environnement », selon le directeur général du site, Arnaud Jaegler.
La certification ASI en 2026
L’usine, ex-Société alsacienne d’aluminium, rentrée dans le giron du groupe australien en 2010, est spécialisée dans l’extrusion-couchage pour la fabrication d’emballages souples – 120 000 m² de sachets, opercules… par an – en aluminium, PE et/ou papier, principalement, pour la pharmacie et l’agroalimentaire. Elle est aussi un centre d’excellence pour le développement de matériaux destinés aux capsules et coiffes pour le vin et les spiritueux. « Comme de plus en plus de nos sites, Sélestat est certifié pour utiliser des matières garanties durables. Il était déjà FSC pour le papier, est désormais ISCC+ pour le PE, et va enchaîner sur la certification ASI pour l’aluminium, qui devrait aboutir en 2026 », indique Isabelle Jenny, responsable durabilité d’Amcor Flexibles EMEA.
La capsule, première cliente
« Nos clients sont tous soucieux de réduire leur empreinte carbone et leur dépendance au plastique vierge d’origine fossile. Par conséquent, ils veulent des matériaux plus durables et toutes les options qui y contribuent, poursuit Arnaud Jaegler. Les premiers demandeurs de laminés sont les industriels de la capsule, les clients tant internes qu’externes. »
Une disponibilité garantie
Cette étape est anticipée par la proposition d’Amcor Flexibles Sélestat, qui sécurise ses approvisionnements en résine certifiée, avec des contrats qui garantissent la disponibilité des volumes nécessaires. « La certification de la partie aval de la chaîne d’approvisionnement nous permettra d’offrir le produit final au meilleur prix, en atténuant le coût additionnel du PE certifié », note Arnaud Jaegler. « Mais il s’agit d’une démarche commerciale et marketing traditionnelle. D’où l’importance d’avoir une longueur d’avance. »

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
L’impact du règlement PPWR
« En outre, nous y sommes encouragés par le règlement PPWR et l’obligation d’incorporer certains pourcentages de matière recyclée d’ici à 2030. Pour préparer cette implémentation, nous aurons besoin des deux technologies de recyclage, mécanique et chimique. La certification ISCC+ y concourt », reprend Isabelle Jenny. La responsable RSE signale par ailleurs d’autres leviers pour agir dans le domaine de la recyclabilité et de l’utilisation de matériaux recyclés, telle la définition des lignes directrices de la conception pour recyclage au niveau européen, à laquelle elle participe à travers les travaux de normalisation. « Cela permet d’anticiper les demandes concrètes des clients. »
Groupe d’emballage souple et rigide, Amcor réalise, après l’absorption de Berry Global, un chiffre d’affaires de quelque 23 milliards de dollars, compte environ 400 usines et emploie 70 000 salariés. L’usine de Sélestat, qui est rattachée à la division santé, affiche des ventes de l’ordre de 160 millions d’euros, avec un effectif de 450 salariés.



