Depuis le 30 avril 2025, Opella est le nouveau numéro 3 mondial de l’OTC (automédication) et des VMS (vitamines et minéraux), avec un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros et 11 000 collaborateurs. La jeune entreprise est également le numéro un français, détenant 16 % de parts de marché. Basée à Neuilly-sur-Seine, elle est née de la scission de la division Consumer Healthcare du groupe Sanofi, rachetée partiellement par la société d’investissement américaine CD&R, qui détient 50 % du capital, aux côtés de Bpifrance, actionnaire à 1,8 %. Le laboratoire français conserve pour l’heure 48,2 % du capital.
Un site de 500 personnes
C’est sans doute pour acter cette prise d’indépendance ainsi qu’un nouvel appétit de croissance et d’innovation qu’Opella a ouvert les portes de son site de Compiègne à une poignée de journalistes. Un site qui était rarement mis en avant par son ex-maison mère, plus encline à communiquer sur les vaccins et autres médicaments biotech. Au cœur d’un réseau de 13 sites dans le monde, Compiègne est pourtant, avec Lisieux (spécialisé à 100 % dans le Doliprane), un site de référence. Construit il y a une soixantaine d’années, il emploie 500 personnes pour la production d’un million de boîtes de médicaments par jour à destination de 80 pays, tandis que le groupe produit plus de 2 milliards de boîtes par an dans le monde. Les équipements sont impressionnants : neuf granulateurs sécheurs, une vingtaine de lignes de compression, six pelliculeuses, 14 lignes de conditionnement, trois laboratoires de contrôle qualité… Compiègne abrite, en outre, le plus important des quatre centres d’innovation mondiaux du groupe, avec son effectif de 50 personnes. Au passage, Opella réinvestit chaque année 4 % de son chiffre d’affaires dans la R&D.
Un Doliprane logoté Opella
Bien que le site de Compiègne produise plusieurs références de formes sèches, son médicament vedette reste le Doliprane. Fabriqué ici sous sa forme de comprimés dosés à 1 000 mg, il commence à arborer progressivement le logo Opella, en remplacement de celui de Sanofi, le temps d’épuiser tous les stocks d’articles de conditionnement logotés Sanofi. Alors qu’Opella dispose dans son portefeuille de six marques globales (Allegra, Dulcolax, Enterogermina, Essentiale, Buscopan, Muscosolvan), le Doliprane n’en fait pas partie. Considéré comme une marque locale, c’est même un médicament quasiment franco-français. D’une part, il est produit majoritairement en France, si l’on exclut les suspensions pédiatriques fabriquées à Cologne ou quelques productions back up en Hongrie. D’autre part, il est consommé à 95 % en France, représentant 70 % des ventes dans l’Hexagone.
Bientôt du paracétamol français
En ce qui concerne le principe actif (le paracétamol), les sources d’approvisionnement sont moins locales (Inde, Chine, États-Unis, Turquie…). Et pour cause, il n’y a plus de production de paracétamol en Europe depuis 2008. Néanmoins, à partir de 2026, Opella devrait recevoir les premiers lots en provenance de la nouvelle usine de Seqens, à Roussillon, en Isère. À terme, elle pourrait lui fournir 10 % de ses approvisionnements. Si le spécialiste des maux du quotidien n’opère que deux sites en France, il a noué un solide partenariat avec l’usine de Reims, du façonnier Delpharm. C’est cette usine qui a pris en charge les nouvelles présentations de Lysopaïne, aromatisées au miel citron et citron gingembre, lancées en 2025. En parallèle, Opella travaille avec quelques dizaines d’autres CMO sur le territoire français et une centaine à l’échelle mondiale.
En résumé, les bases sont solides pour permettre à Opella d’accélérer son innovation, d’étendre sa présence géographique et de réussir sa croissance. 18 juin 2025



