Après avoir brillé par son incapacité à fédérer les États membres autour d’une position commune sur les mesures à adopter face au coronavirus, l’Europe prend le pouls d’un enjeu majeur pour sa souveraineté, celui des métaux critiques.
« Nous devons garantir un approvisionnement sûr et durable en matières premières pour répondre aux besoins des technologies propres et numériques », a reconnu le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic.
Le constat dressé par Bruxelles est sans appel : plus de 75 % des métaux utilisés sont produits en dehors de l’Union, tandis que la Chine assure 98 % de l’approvisionnement en terres rares. Et les difficultés ponctuelles rencontrées au plus fort de la crise sanitaire n’étaient qu’un épisode supplémentaire des signaux d’alerte de ces dernières années sur la disponibilité de ces produits.
Une Alliance européenne des matières premières va voir le jour, sur le modèle de l’Alliance des batteries, réunissant sept pays face à l’enjeu représenté par le véhicule électrique. Les goulots d’étranglement seront identifiés et des projets d’investissements lancés pour un démarrage en 2025. Il y a urgence : l’Europe aura besoin de dix-huit fois plus de lithium d’ici à 2030.
Parmi les chantiers prioritaires figurent la collecte et le recyclage accrus des déchets d’équipements électriques et électroniques – en Europe, seuls 30 % le sont. Le programme d’observation de la Terre Copernicus sera mis à contribution pour identifier de nouveaux gisements. Une initiative bienvenue qui ne demande qu’à être rapidement concrétisée.



