Cobalt, lithium, nickel… L’accès aux métaux critiques devient stratégique pour l’industrie automobile. Et la panique commence à saisir les constructeurs. En moyenne, une batterie contient 45 kilos de lithium, 7 kilos de cobalt et 50 kilos de nickel, selon les chiffres régulièrement avancés. Avec l’accélération de l’électrification, les besoins de ces métaux, dont l’usage est pour l’instant confidentiel, vont exploser. Et il n’y en aura pas forcément pour tout le monde. «Des constructeurs automobiles feront faillite à cause de ruptures d’approvisionnement», prédit James Lipinsky, le PDG de MP Materials, qui possède la seule mine aux Etats-Unis de terres rares.
Investissements dans le raffinage de nickel et le lithium
Pour s’assurer de leur accès aux métaux, les constructeurs automobiles sont prêts à investir jusque dans la mine. Le dernier en date est General Motors. Le 11 octobre, le groupe américain a investi 69 millions de dollars dans le groupe australien Queensland pacific metals. Ce n’est pas à proprement un groupe minier. Mais le groupe prévoit d’investir dans un procédé innovant pour transformer le nickel à faible teneur de Nouvelle-Calédonie en métal de qualité batterie. Un accord d’approvisionnement pour cinq ans a été signé avec la SLN pour approvisionner la future raffinerie australienne.
Stellantis met lui aussi un pied dans l’extraction. Alors que le prix du lithium n’en finit pas de grimper, le constructeur a pris en juin 8% du capital de Vulcan, la start-up qui prévoit d’extraire du lithium en Europe, avec laquelle le groupe avait déjà conclu un contrat d’approvisionnement de long terme. Un investissement de 50 millions d’euros. Le patron de Volkswagen réfléchit ouvertement à prendre des parts dans des mines au Canada et a créé une coentreprise plus en aval avec Umicore. Dans ce domaine, Toyota a déjà un cran d’avance. Depuis 2018, le constructeur japonais a investi dans le producteur de lithium Allkem, qui possède un site dans le nord de l’Argentine et une mine en Australie.
Ce n’est pas la seule option pour sécuriser les approvisionnements. Même s’il se dit prêt à investir dans des mines de lithium, Elon Musk a préféré pour l’instant nouer des contrats de long terme, une solution éprouvée déjà pas bon nombre de constructeurs. Tesla a signé un contrat de 5 milliards d’euros avec Vale pour se fournir en nickel, le métal le plus critique probablement. Stellantis est en discussion avec l’australien GME pour se fournir auprès de sa future raffinerie de cobalt et de nickel, implantée à proximité de la plus grande mine de nickel d’Australie de Murrin-Murrin. Renault est de son côté engagé avec le finlandais Terrafame pour le nickel.

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Maîtriser son empreinte environnementale
Pour les constructeurs automobiles, prendre des participations dans des groupes miniers leur permet de garantir leur accès à certains volumes et de se prémunir contre une flambée des prix. Mais aussi de mieux maîtriser leur chaîne d’approvisionnement, et notamment de l’empreinte environnementale des métaux. La future raffinerie de Queensland pacific metals devrait afficher une empreinte environnementale bien meilleure que celles des raffineries HPAL actuelles implantées pour beaucoup en Indonésie, et pointées du doigt pour leur procédé énergivore et les rejets en eaux profondes des résidus miniers. En investissant en Australie, liée aux Etats-Unis par un accord de libre-échange, General Motors rentre aussi dans les clous de l’Inflation reduction act, qui impose aux producteurs de batteries aux Etats-Unis d’utiliser les matières premières provenant de pays «amis».
Mais il faudra aussi voir comment les constructeurs tiennent la distance, lorsque les prix viendront à chuter. Même si les approvisionnements en métaux restent tendus à moyen terme, les prix des matières premières restent par nature volatiles, avec des hauts mais aussi des bas.



