Marcegaglia vise 750 millions d’euros d’investissement sur l'ex-site d'Ascometal à Fos-sur-Mer

Repreneur d’Ascometal en 2024, le groupe italien Marcegaglia a profité de la visite en Provence du ministre de l’Industrie ce 24 mars pour lui présenter un projet visant à  accroître la capacité de production de 100000 tonnes à plus de 2 millions de tonnes d’acier en 2028.

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Marcegaglia Fos-sur-Mer mars 2025
L'italien Marcegaglia croit au potentiel du site repris à Ascometal en 2024.

«Nous voulons réaliser le plus grand investissement de l’histoire de Marcegaglia pour que le site de Fos-sur-Mer devienne à l’avenir une base importante pour notre groupe», a déclaré Antonio Marcegaglia, président du groupe industriel italien éponyme, ce 24 mars, à l’occasion de la visite sur la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) du ministre de l’Industrie, Marc Ferracci.

Une maquette permet déjà de visualiser le futur site avec les 750 millions d’euros qui doivent y être investis. «Nous prendrons la décision finale d’ici quelques mois, le temps de résoudre les points qui restent à définir avec l’Etat,» poursuit le dirigeant de l’entreprise sidérurgique, employeur de 7800 personnes sur 36 usines dans le monde pour un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros.

Le projet consiste à moderniser l’unité existante, ex-Ascometal, reprise en juin 2024, qui produit chaque année 100000 tonnes d’aciers spéciaux pour monter jusqu’à 150000 tonnes, et à lui adjoindre une nouvelle usine de fabrication d’aciers standards bas carbone d’une capacité annuelle de 2 millions de tonnes dont la mise en service interviendrait en 2028.

Synergies en puissance

«En acquérant l’usine de Fos, nous avons trouvé la belle « maison » pour combiner son expansion et l’intégration de nos activités, explique Antonio Marcegaglia. La réflexion de conforter notre chaîne de valeur était déjà à l’étude dans le groupe, avant sa reprise, mais nos développements internationaux et notre besoin stratégique nous ont amené à décider d’augmenter et accélérer nos investissements. Fos possède des infrastructures opérationnelles, les compétences de salariés, une vocation industrielle claire sur la zone qui bénéficie du support des services de l’Etat… C’était le bon endroit et le bon moment pour investir dans le renforcement de notre chaîne de production amont».

L’ensemble de l’investissement devrait contribuer à réduire à terme de 80% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un cycle complet de production. L’entreprise prévoit d’acheminer de l’acier depuis l’aciérie à four électrique, rachetée en 2023 à Sheffield, au Royaume-Uni, par le Port de Marseille-Fos, en vue de le transformer sur place. Elle envisage aussi d’instaurer des synergies industrielles sur la zone en s’approvisionnant en préréduits bas carbone auprès de GravitHy, une usine également en projet sur la zont industrielle portuaire, dont Marcegaglia annonce vouloir entrer au capital, ainsi qu’avec la future unité Neocarb d’Elyse Energy (production de e-méthanol annoncée à partir de 2030) pour réutiliser de la vapeur et opérer le dégazage sous vide de l’acier, afin d’en ôter les impuretés

Gain de valeur ajoutée

Les produits finis pourront être exportés par la mer, le rail, grâce à un aménagement complémentaire de voie, voire le fleuve, indique Antonio Marcegaglia, convaincu de pouvoir les écouler, l’entreprise avançant un portefeuille de 15 000 clients (distribution, installations industrielles, construction automobile, bâtiment…). «Il n’y a pas de risque commercial, nous allons même gagner en valeur ajoutée, assure-t-il. Le marché est là puisque nous consommons déjà ces produits dans nos usines italiennes, le projet de Fos en sera un fournisseur».

Avec ces réalisations, l’effectif pourrait alors bondir de 300 salariés jusqu’à 700 personnes. «Nous allons vraisemblablement investir dans notre centre de formation interne pour compléter le savoir-faire déjà présent sur place» poursuit-il.

Fondé en 1959 par Steno Marcegaglia en Italie, le groupe a l’avantage, pour décider rapidement, de bénéficier d’un capital entièrement détenu par Antonio et Emma Marcegaglia, ses enfants. Pour Marc Ferracci, le projet entre pleinement dans la perspective de renforcer la souveraineté européenne sur l’acier. «Nous avons besoin d’une vision comme celle de Marcegaglia. On ne peut plus dépendre de l’acier chinois, comme aujourd’hui. Il faut sortir de la naïveté» a-t-il confié lors de sa visite.

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