Le numéro un français du sucre reprend des couleurs. Un peu plus d'un an après avoir annoncé la mise en place de sa nouvelle stratégie, axée sur la création de valeur (plutôt que de volume), Tereos en voit les premiers résultats. Sur son exercice 2021-2022, le groupe nordiste a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 18%, à 5,1 milliards d’euros. « Nous dépassons le seuil des cinq milliards essentiellement grâce à un effet prix, s'est félicité Gwenaël Elies, directeur financier de l'entreprise. Notre objectif d’Ebitda compris entre 600 et 700 millions d’euros est atteint avec six mois d'avance. »
80 millions de plus-value grâce aux cessions d'actifs
Le virage stratégique annoncé par la nouvelle direction en 2021 repose sur trois principaux piliers : la simplification de l'organisation avec notamment la recherche de synergies entre les différentes activités, la recherche de la performance commerciale et le recentrage sur les principales activités du groupe.
C'est d'ailleurs au titre de ce dernier élément que Tereos a cédé ses activités amidonnières en Chine à son partenaire YKA. Le groupe s'est également séparé de ses filiales au Mozambique et est sur le point de vendre ses sucreries roumaines au gouvernement du pays. Ces cessions ont permis à Tereos de dégager 80 millions de plus-value. Elles ont aussi contribué à la réduction de notre dette. Cette dernière est passée à 2,39 milliards d'euros, contre 2,53 milliards un an plus tôt. « Notre objectif est de passer sous la barre des 2 milliards d'ici à 2024 », rappelle Gérard Clay, le président de la coopérative.
Baisse des surfaces de betteraves de près de 20%
Pour atteindre ce but, la coopérative nordiste, qui avait jusqu'alors toujours affirmé ne pas vouloir fermer de sites industriels en France (contrairement à ses concurrents), a expliqué « ne pas exclure une revue d'actifs, y compris dans l'Hexagone ». « Toutes les options sont à l'étude. Dans le contexte incertain dans lequel nous travaillons, il nous faut être agile et flexible. Cela s'applique à toutes les composantes de l'activité du groupe », a lâché Olivier Leducq, responsable sucre Europe de Tereos.
Cette réflexion s'inscrit dans un contexte de baisse des surfaces de betteraves emblavées. Selon la coopérative, ces dernières ont déjà diminué de 10% depuis 2017. Une baisse de 10% supplémentaire est attendue d'ici à 2024. En cause : la hausse du coût des intrants et la faible rémunération de la culture de la betterave ces dernières années, qui poussent les agriculteurs à s'orienter vers d'autres cultures. « Cette baisse de volume ne signifie pas forcément une fermeture de site industriel, mais des études de faisabilité sont en cours », a convenu Olivier Leducq. La coopérative n'a pas indiqué à quelle échéance s'achèverait cette revue d'actifs.



