Des croquettes à base de mouches ? C'est ce que propose la start-up parisienne Tomojo, fondée en 2017 par Madeleine Morley et Paola Teulières. "Notre objectif est de remplacer les protéines de viande par des insectes" précise Paola Teulières.
Des mouches et des protéines végétales
Les produits de Tomojo sont composés à 80% de mouches soldats noirs élevées en Hollande et de telebrio molitor. La recette est complétée par des protéines végétales de pois, de lentilles, de fécule de pomme de terre. "Nous ne travaillons pas avec les céréales", ajoute la fondatrice de la marque qui emploie déjà six salariés.
A terme, l'entreprise envisage de ne travailler qu'avec des partenaires français. "Actuellement, nous n'avons pas les volumes suffisants en France mais avec les fermes d'insectes qui vont se construire dans l'Hexagone, cette solution est envisagée", précise Paola Teulières.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un partenaire industriel en Mayenne
Ces produits sont achetés en poudre auprès de fournisseurs avant d'être envoyés en Mayenne, chez l'industriel Sauvale Production, spécialiste de la fabrication d'alimentation animale qui se charge de la transformation. "Le process de production pour les croquettes à base d'insectes est un peu plus lourd que pour les aliments traditionnels", précise Paola Teulières.
En cause ? Le procédé d'extrusion, qui permet de transformer les protéines d'insectes en "pate" à cuire, plus complexe sur les protéines d'insectes que sur les protéines traditionnelles.
Pour que ces coûts supplémentaires ne pèsent pas sur le tarif proposé aux consommateurs, Tomojo a fait le choix de réduire ses marges en optimisant ses canaux de distribution : la start-up mise sur la vente en ligne et dans les cliniques vétérinaires. "Nous avons certains contacts avec les magasins spécialisés et la grande distribution mais pour le moment, cela n'est pas notre priorité", poursuit la fondatrice.
Résultat, les produits de la start-up se vendent à sept euros le kilo, en ligne avec les autres acteurs du secteur. "Nos produits s'adressent aux propriétaires d'animaux soucieux de l'environnement, aux flexitariens", précise Paola Teulières
Levée de fonds de 500 000 euros
Alors que les grands acteurs de ce secteur cherchent à répondre à cette nouvelle demande de naturalité pour alimenter plus de 13,5 millions de chats et 7,3 millions de chiens, la jeune pousse espère profiter de son temps d'avance pour doper son développement.
Pour cela, Tomojo vient de lever 500 000 euros auprès de quatre business angels pour accélérer son développement. "Cela va nous permettre d'augmenter notre offre avec le lancement de nouvelles gammes", précise Paola Teulières.
Passée de 10 tonnes produites en 2019 à 50 tonnes en 2020, la start-up s'est fixé comme objectif d'atteindre les 300 tonnes d'ici 2021. "Notre partenaire industriel est prêt à nous accompagner dans cette montée en puissance", garantit d'ores et déjà Paola Teulières. Ces chiffres devraient permettre à la pépite de dépasser le million d'euros de chiffre d'affaires en 2021.



